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Soigner le semis du lin oléagineux d’hiver

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Alternative - Soigner le semis du lin oléagineux d’hiver
Les avantages du lin oléagineux d’hiver sont nombreux, mais il convient de ne pas le semer trop tôt afin que la plante ne dépasse pas entre 5 et 10 cm au maximum avant les premiers froids, pour une meilleure résistance à l’hiver. © Watier-Visuel

Si l’implantation du colza est en échec, cette culture constitue une option possible, à condition de se montrer attentif au choix de la parcelle.

Le lin oléagineux d’hiver peut constituer une alternative intéressante en cas d’échec du semis de colza, comme cela peut être encore le cas cette année avec la sécheresse. Il permet également de créer une rupture dans les rotations, facilitant le désherbage des céréales à paille et du colza, « notamment pour les parcelles où sont présentes des crucifères et du géranium », informe l’institut technique Terres Inovia. Et le lin se trouve être une culture « faux-hôte » de l’orobanche rameuse (plante parasite du colza, du chanvre et du tabac), qui s’adapte donc bien aux parcelles déjà contaminées.

Peu couvrant

Pour exploiter tous les avantages du lin d’hiver, il convient d’être attentif à son implantation. L’objectif est d’avoir une plante entre 5 et 10 cm au maximum à l’entrée de l’hiver. Au-delà, elle est fortement exposée au gel. Il ne faut donc pas trop anticiper les semis, surtout dans les secteurs où les résidus azotés peuvent être importants et la pousse automnale forte. La date optimale d’implantation se situe du 15 au 25 septembre dans le Nord, le Bassin parisien, le Centre, le Grand-Est et l’Auvergne-Rhône-Alpes, du 25 septembre au 5 octobre dans l’Ouest et le Poitou-Charentes et du 1er au 20 octobre dans le Sud.

Le lin oléagineux est peu couvrant et sensible à la concurrence des adventices. Or, les stratégies de désherbage sont réduites depuis le retrait de Speleo. Mieux vaut donc éviter les parcelles avec une pression en graminées et en dicotylédones très importante et où des graminées résistantes sont présentes. D’autant plus si un temps sec se prolonge.

« Les sols profonds sont à privilégier, en particulier dans le Sud-Ouest, conseille Terres Innovia. Evitez les terres blanches (craies de Champagne, cranettes) et les terres très séchantes (sols très sableux et argilo-calcaires très superficiels). » Un délai minimum de retour de quatre à cinq ans entre deux lins (de printemps ou d’hiver) est requis pour mieux gérer les bioagresseurs.

Le lit de semences doit être finement préparé, aplani et rappuyé afin d’assurer une levée rapide et homogène. Une bonne structure en profondeur est aussi primordiale, ainsi qu’une bonne fissuration horizontale et verticale pour que le pivot puisse atteindre 10 à 15 cm dès l’automne. « Le non-labour est conseillé dans les sols argileux », précise l’institut. Il faut, dans ce cas, éviter les débris végétaux mal répartis.

L’objectif de peuplement en sortie d’hiver est de 250 à 300 plantes/m², avec 2 à 3 tiges par plante. En cas de faibles pertes à la levée attendues, la densité de semis sera de 300 à 350 grains/m², à augmenter jusqu’à 400 grains/m² si de plus grosses pertes sont estimées. Le semis peut être réalisé au semoir à céréales, à 1-2 cm de profondeur. « En situation de forte infestation de graminées et/ou présence de graminées résistantes, réalisez un désherbage de présemis incorporé avec Avadex 480, à compléter en cas de graminées sensibles par un antigraminées foliaire en végétation », recommande Terres Inovia.

Isabelle Escoffier

Des atouts économiques

Les rendements en lin d’hiver peuvent atteindre 20 à 25 q/ha lorsqu’il est implanté en sol profond. « Cependant, les terres à faible potentiel peuvent être valorisées en réalisant 15 à 18 q/ha tout en maîtrisant les charges opérationnelles », estime Terres Inovia. Ces dernières sont le plus souvent comprises entre 300 et 400 €/ha. Une marge brute supérieure ou égale à 500 €/ha est obtenue à partir de 17 q/ha, pour un prix de vente des graines de lin (majoritairement contractualisé) de 500 €/t, et de 21 q/ha pour 400 €/t. La culture du lin d’hiver est un très bon précédent, la culture suivante pouvant être implantée avec un travail du sol simplifié, voire sans travail du sol.

À savoir

Avec une teneur élevée en oméga 3, les graines de lin bénéficient aujourd’hui d’un regain d’intérêt pour ses propriétés nutritionnelles. Le principal débouché est l’alimentation animale.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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