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Réussir un semis de luzerne sous couvert de tournesol

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Associaton des cultures - Réussir un semis de luzerne sous couvert de tournesol
La luzerne s’accommode très bien du couvert de tournesol. © P.-A. Lassaumière

Le cycle des deux cultures rend parfaitement compatible leur association.

Les fins d’été de plus en plus sèches pénalisent l’implantation des luzernes porte-graines. C’est pourquoi, depuis quelques années, la technique de semis sous couvert de tournesol a tendance à progresser, avec à la clé un gain de rendement moyen de 1 q/ha la première année.

Semer à grand écartement

« À l’automne 2018, 40 % des parcelles semées en luzerne ont échoué, contre seulement 10 % le printemps suivant sous tournesol, déclare Pierre-Antoine Lassaunière, technicien chez Fertiberry semences à Châteauroux, dans l’Indre. Les deux cultures n’entrent pas en compétition. La luzerne, qui démarre lentement, résiste très bien sous le couvert et l’agriculteur gère l’itinéraire technique du tournesol comme celui d’une culture seule. »

Afin de mieux résister aux à-coups climatiques, les argilo-calcaires moyens à profonds de 70 à 80 cm de profondeur d’enracinement sont préférés aux sols plus superficiels. Après une destruction précoce de la culture piège à nitrates, les résidus sont soit enfouis par labour, soit mélangés dans les dix premiers centimètres. Quelle que soit la technique retenue, le lit de semence doit être suffisamment fin et exempt de débris pour garantir un bon contact entre sol et graines, déposées entre 0,5 et 1 cm.

« Comme pour le tournesol, le semis de luzerne s’effectue de préférence en terrain bien ressuyé et réchauffé, à la dose de 4 à 5 kg/ha, soit souvent vers le 15 avril en région Centre, explique le technicien. Il est suivi d’un roulage, à l’exception des sols trop battants, et le tournesol est semé dans la foulée. »

Quant à la fertilisation, elle se résume le plus souvent à une cinquantaine d’unités de P et K, auxquelles s’ajoute un apport de 100 kg/ha de sulfate de magnésie de type kiésérite.

Le semis de luzerne s’effectue à écartement classique de 15 cm, ou à 30 cm en obstruant une descente sur deux. Cette seconde option laisse la possibilité de la biner les printemps suivants et de réduire le désherbage chimique.

Gérer le désherbage

« Après le semis, le désherbage est géré uniquement en tenant compte des adventices attendues dans la parcelle, car la luzerne supporte sans problème les herbicides utilisés sur tournesol, poursuit le technicien. Ainsi, il est possible d’utiliser Racer ME, Challenge 600 ou Mercantor Gold en tournesol classique, ou les herbicides destinés aux tournesols Clearfield, comme Pulsar 40 et Passat Plus. »

Dès la levée, un suivi régulier permet de détecter la présence d’insectes ravageurs : les altises, les sitones et parfois les collemboles. Un insecticide de type Karaté Zeon est alors appliqué au stade rayonnant de la luzerne.

En octobre ou novembre, la parcelle est broyée afin d’éliminer les cannes de tournesol et quelques adventices de type chardons. À ce stade, deux molécules homologuées, le glyphosate à dose réduite (0,75 l/ha de spécialité commerciale) et la propyzamide (Kerb Flo) pourront être utilisées pour éliminer dicots et graminées résistantes. « Le printemps suivant – la première quinzaine de mai –, une précoupe est réalisée pour homogénéiser la floraison et détruire les adventices annuelles résiduelles », conclut Pierre-Antoine Lassaunière.

Vincent Thècle

Sous couvert de céréales

L’orge de printemps offre une autre opportunité de semis sous couvert. Avec un semoir classique, l’agriculteur implante d’abord la céréale, puis il revient au stade 2-3 feuilles et réalise un sursemis de luzerne.

L’autre option consiste à semer luzerne et orge en même temps, à condition de posséder un semoir à deux trémies et des descentes de graines qui déposent les semences à des profondeurs différentes. « Si cette pratique est efficace pour réussir la levée, il s’exerce souvent, en revanche, une concurrence entre les deux cultures, remarque Pierre-Antoine Lassaunière. De même, les possibilités de désherbage sont beaucoup plus limitées avec la seule bentazone (Basagran SG) comme antidicotylédones.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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