Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Récolter des oléoprotéagineux par fauchage-andainage

réservé aux abonnés

Optimiser la qualité - Récolter des oléoprotéagineux par fauchage-andainage
Le fauchage-andainage permet un débit de chantier plus rapide. Le triage est par ailleurs facilité. © J. Papin

Cette technique de récolte en deux temps peut sauver certaines situations, comme un salissement important ou une météo capricieuse.

Le fauchage-andainage est une pratique qui « revient à la mode ». Florent Georges, de la FDCuma du Gers, l’observe de plus en plus sur son secteur ces dernières années, en lien avec le développement des surfaces de cultures bio, délicates à récolter. « Malgré un surcoût de récolte, on capitalise sur la meilleure qualité de battage. »

Homogénéiser les maturités

Sur pois chiche, sarrasin, lentille, chia, lin, colza…, « la récolte en deux temps homogénéise les maturités de ces plantes à floraison indéterminée, c’est-à-dire qui vont fleurir dès lors que les conditions d’humidité et de températures sont favorables », ajoute-il. Stevens Ayrault, de la Cavac (1), confirme : « En 2021, les lentilles bio n’arrêtaient pas de fleurir. Avec le fauchage-andainage, on vient couper leur cycle et on obtient une maturité globale de la plante, alors que les étages supérieurs étaient moins secs que les premières gousses. »

En Vendée, cette technique est aussi en plein essor depuis cinq ans. Sans être infaisable, il la déconseille sur des parcelles de lentilles couchées. Une coupe directe avec des doigts releveurs sera en effet plus aisée. Sur les parcelles à fort salissement, elle présente en revanche l’avantage de limiter les impuretés.

Savoir quand l’utiliser

« Il faut bien réfléchir en amont si un fauchage-andainage est nécessaire, préconise Stevens Ayrault. Outre le coût supplémentaire de la récolte ou la complexité en cas de parcelle couchée, le risque d’égrenage est plus important, surtout si on s’y prend trop tard. Il faut également appréhender le risque de pluviométrie, le séchage des andains prenant plusieurs jours. »

La fauche peut se déclencher quand l’humidité des graines se situe entre 35 et 25 %. « Chaque culture a sa spécificité et son marqueur », explique Florent Georges. En colza par exemple, il conseille 35 % d’humidité, « quand les siliques sont vertes, avec à l’intérieur des grains bruns ». En lentille, lorsque 30 % des gousses jaunissent, en lin, quand 80 % des capsules virent au brun… L’essentiel restant de ne pas intervenir trop tard, sous peine d’augmenter l’égrenage et de perdre en PMG. « L’expérience s’acquiert en faisant. C’est en se trompant qu’on se perfectionne », relativise l’expert.

Le séchage des andains varie quant à lui en fonction de la météo. Il peut nécessiter 4 à 10 jours. Éviter les gros andains, notamment en colza, qui ralentissent le séchage. Pour Florent George, la pluie sur les andains est « moins problématique qu’il n’y paraît », si elle n’est pas diluvienne. « Le matériel fauché est déjà sec. Il va s’humidifier, mais pas verdir, et arrive à sécher. »

Reprise au pick-up

Si la reprise des andains peut se faire à l’aide d’une coupe avec des doigts releveurs, cette solution n’est « pas optimale », juge Florent Georges. Le recours au pick-up est plutôt recommandé. « Il a l’avantage de soulever l’andain et la machine le fait monter. On ne ramasse pas de terre ni de cailloux et on ne recoupe pas dans le vert. » Le passage doit s’effectuer « à rebrousse poil », afin que la tête des épis rentre en premier dans la moissonneuse. « Le grain tombe sur le tablier, il n’est pas perdu au champ. »

Justine Papin

(1) Coopérative agricole Vendée approvisionnement céréales.

Zoom sur le colza

Dans quelle situation peut-on andainer le colza ? « La question se pose dans les régions exposées au vent (en particulier côtières), le choc entre les siliques pouvant provoquer leur ouverture et favoriser l’égrenage, dans les parcelles très hétérogènes en maturité ou qui se sont salies en cours de culture. C’est un “joker” », explique Cécile Le Gall, de Terres Inovia. Avant de lancer la fauche, elle conseille de vérifier l’humidité des graines. Pour cela, prendre un échantillon dans la parcelle, « notamment les ramifications secondaires, qui font le plus de rendement », précise-t-elle. L’andainage se déclenche tôt le matin, quand il reste une humidité résiduelle qui facilite la mise en andain.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !