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Produire deux cultures en un an

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Biomasse - Produire deux cultures en un an
La seconde culture est destinée à être ensilée pour une utilisation en méthaniseur ou en élevage. © Terrasolis

Pour créer plus de biomasse, Terrasolis a testé plusieurs itinéraires techniques afin d’optimiser l’interculture en semant une deuxième culture.

Cinq itinéraires techniques ont été testés sur la plateforme Terrasolis au nord de Reims, en terre de craie. L’objectif est d’ensiler la seconde culture pour la méthanisation ou l’élevage.

1. Semer une deuxième culture juste après la récolte de l’orge d’hiver. La seconde culture – récoltée fin septembre en 2019 et le 20 octobre en 2020 – a procuré 2 à 2,5 tonnes de matière sèche par hectare en tournesol, 3 t en maïs, 0,9 t en orge de printemps, 0,5 à 1 t en sorgho et 1,1 à 1,5 t pour la Cive (1). Les rendements sont très en deçà du minimum de rentabilité d’un ensilage (5 t/ha), en raison de la sécheresse, encore plus prononcée en 2020 qu’en 2019.

2. Semer un couvert à la volée, début juin, dans la culture en place. Après avoir testé le semis avec un épandeur d’engrais en 2018 et 2019, qui ne permettait pas de projeter les graines au-delà de 12 mètres, en 2020, trois épandeurs Delimbe ont été montés sur une rampe de pulvérisateur de 36 m. Cette technique de semis s’est avérée beaucoup plus efficace. Plusieurs mélanges ont été testés : radis-phacélie-moutarde, radis-phacélie-moha-sorgho-vesce, moutarde-phacélie-radis-vesce. La récolte a lieu en novembre. En 2018, de très bons rendements ont été enregistrés (5 à 7 t de MS/ha), contrairement à 2019 et 2020 (seulement 1 t de MS/ha).

3. La culture principale après une Cive longue récoltée immature en ensilage. La Cive – seigle ou triticale – a été semée mi-octobre 2019 et ensilée le 15 mai 2020 (10 t de MS/ha environ). La deuxième culture, qui est ici la culture principale, a été semée le 16 mai – tournesol, orge de printemps, maïs, sorgho. Elles sont parvenues très rapidement au stade floraison, en raison de la sécheresse. Celles récoltées ont donné très peu de grains : 10 q/ha pour l’orge de printemps, fin août et 1 q/ha pour le maïs grain, le 20 octobre.

4. Une céréale d’hiver deux rangs sur trois, suivie au printemps d’une deuxième culture dans le rang laissé libre (relay-cropping). En 2020, les sorgho, maïs et tournesol ont été semés aux dates classiques, avec un semoir de précision à 45 cm d’écartement. Le rendement de l’orge d’hiver a atteint 95 % du rendement de référence (72 q/ha) en semant deux rangs sur trois (210 gr/m²). Le blé semé à 80 % (270 gr/m²) a affiché 82 % de celui-ci (65 q/ha). En deuxième culture, seul le sorgho a été récolté le 19 octobre en plante entière (0,3 t de MS/ha), en raison du peu de grains.

5. Récolter une céréale – orge de printemps, orge d’hiver et blé – en ensilage au printemps et en grain en été. Plus l’ensilage est tardif et moins le rendement en grains est bon. Au stade trois nœuds, il permet d’obtenir 4 à 6 t de MS/ha. Après l’ensilage, c’est l’orge de printemps qui repart le mieux. Il a été récolté vingt jours après la date de récolte classique (10 à 20 q/ha).

Pluies nécessaires

La sécheresse de 2019, et encore plus celle de 2020, ayant fortement affecté les rendements, tous les itinéraires techniques seront reconduits en 2021. « Cependant, la modification de la répartition des pluies observée ces trois dernières années – beaucoup moins de précipitations pendant la période printemps-été – risque d’être la nouvelle règle à l’avenir, souligne Gaël Ponsardin, responsable agronomie et performance des systèmes de Terrasolis. Cela pourrait remettre en cause ces itinéraires visant à produire plus de biomasse, car ils ont absolument besoin de pluie au printemps et en été. »

Chantal Urvoy

(1) Culture intermédiaire à vocation énergétique.

Compétition pour l’eau et la lumière

Dans le cadre du relay-cropping, si la technique de semis de la seconde culture est validée, une très forte compétition de la culture principale vis-à-vis de la lumière et de l’eau est observée. La deuxième culture reçoit seulement 29 % de la lumière qui parvient au sommet du blé et 13 % sous l’orge, qui a un port plus étalé que le blé. Concernant l’eau, la betterave n’a pas levé. Le tournesol et le soja ont levé faiblement. Le maïs et le sorgho s’en sortent mieux.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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