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Prairies : assurer un démarrage rapide

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Semis de fin d’été - Prairies : assurer un démarrage rapide
Un roulage avant semis facilite le dépôt des graines à une profondeur régulière. © P. Gleizes

Les conditions humides de cette fin d’été favorisent l’installation des nouvelles prairies et leur pérennité.

Les semis de prairie de fin d’été bénéficient le plus souvent d’une humidité suffisante et de températures encore douces, favorables à l’émergence des plantules. Compte tenu de la lenteur de levée de la plupart des espèces prairiales, en particulier des légumineuses, ces deux facteurs sont essentiels afin de garantir leur survie en cas de gel hivernal précoce. L’objectif est d’atteindre 4-5 feuilles pour les graminées et 3-4 feuilles trifoliées pour les légumineuses. À titre d’exemple, au nord du Massif central, il est préférable de ne pas semer de trèfle blanc ou de ray-grass anglais après le 10 octobre.

Plusieurs choix

« L’investissement, compris entre 150 et 250 €/ha, incite à la prudence, confirme Carole Gigot, ingénieur Arvalis à la ferme expérimentale des Bordes (Indre). Toutefois, en terres lourdes et ou peu portantes, un semis courant septembre est plus facile à mettre en œuvre qu’en sortie d’hiver, et il garantit une première pousse dès le printemps. »

En matière de travail du sol, plusieurs choix sont possibles. Malgré son coût et son aspect chronophage, le labour avant semis présente l’intérêt de bien enfouir les résidus du précédent et les graines d’adventices, de même que les éventuels apports de matière organique. Après une moisson humide, il permet d’éliminer le tassement superficiel dû au passage des engins de récolte. Le travail superficiel est une option intéressante en sols caillouteux. Le passage répété d’outils à disques et à dents ou animés facilite l’émergence des mauvaises herbes avant semis.

Enfin, pour les propriétaires d’un semoir spécifique, si le semis direct est une bonne option pour les espèces à implantation rapide, en préservant l’humidité du sol, il nécessite un désherbage chimique préalable.

« Dans les situations avec travail du sol, le but est d’obtenir un lit de semences sans mottes de plus de 2 cm de diamètre, nivelé et qui repose sur un sol rappuyé, bien structuré en profondeur, poursuit Carole Gigot. Le système racinaire de la prairie pourra ainsi se développer rapidement et s’alimenter sans contrainte.

Rouler avant et après semis

Pour y parvenir, un roulage avant semis est souvent utile et après pour favoriser le contact terre graines. » Le roulage permet de mieux gérer la régularité de profondeur lors du dépôt des graines. Des essais de l’Inrae montrent l’intérêt à semer dans le premier centimètre, car les petites graines possèdent de faibles réserves et le taux de levée décroît à mesure que la profondeur de semis augmente. Un semoir en ligne aux descentes relevées ou deux passages croisés en réglant la planche de semis au minimum donnent de bons résultats.

« L’objectif est d’atteindre un peuplement homogène de 500 plantes au m², à l’exception des bromes et du ray-grass d’Italie pour lesquels 300 plantes au m² est un optimum, expose Carole Gigot. Mais il faut tenir compte de pertes à la levée, qui frôlent souvent les 50 %. Dans le cas de mélange de plusieurs espèces, nous conseillons de ne pas dépasser la dose de 30 kg/ha. »

Vincent Thècle

Fertilisation P et K

Les légumineuses fourragères sont très exigeantes en phosphore et potasse. À défaut d’analyse de sol récente, l’éleveur peut estimer les besoins de ses prairies en fonction de leur potentiel supposé. Ainsi, pour un niveau de production élevé, un apport de 60 kg/ha d’acide phosphorique sous forme soluble et de 150 kg/ha de potasse est justifié. En cas de fertilisation organique, la part du phosphore assimilable par la prairie varie selon le type d’effluent. Un coefficient de 100 % s’applique pour les fumiers de bovins, porcins, ovins, alors qu’il est de 85 % pour le lisier de porcs et de seulement 65 % pour les déjections de volailles.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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