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Un progrès génétique notable

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Pois d’hiver - Un progrès génétique notable
Terres Inovia rappelle que l’amélioration du rendement est de 10 à 12 q/ha en treize ans. © Watier-Visuel

La sélection est en marche sur cette très jeune espèce, avec notamment un rendement, une tolérance à l’hiver et une résistance à la verse améliorés.

Ces cinq dernières années, la sélection a été très active dans la famille des pois d’hiver, avec une quinzaine de variétés venue compléter l’offre. Pour mémoire, cette espèce a commencé à être travaillée par les sélectionneurs français fin des années 1980 et début des années 1990 dans le but d’avoir un cycle plus long, d’échapper aux stress hydriques de printemps et, au final, d’obtenir des rendements plus élevés. Il y a eu et existe donc encore de réelles marges de progression possible pour cette « nouvelle culture ». « Les dernières enquêtes montrent d’ailleurs la diffusion de ce progrès génétique, car les agriculteurs se procurent des nouveautés », informe Véronique Biarnès, de Terres Inovia. Et pour cause : « On constate depuis une douzaine d’années un progrès notable sur le rendement mais aussi sur d’autres caractéristiques », ajoute la chercheuse.

Une hauteur de tige jusqu’à 60 centimètres

Ainsi, l’analyse des données CTPS (1) de pré-inscription montre une amélioration de près de 1 q/ha/an entre 2004 et 2018. Parmi les variétés qui se sont distinguées sur ce critère ces dernières années, on retrouve notamment Balltrap, Fresnel et Furious. « En tant que sélectionneurs, nous travaillons par ailleurs pour avoir une meilleure stabilité des rendements », ajoute Matthieu Floriot, sélectionneur chez Agri Obtentions. Mais l’amélioration de ce critère passe par plusieurs autres facteurs, comme la tenue de tige, la récolte des cultures étant ainsi favorisée. Les hauteurs à la récolte, proches de celles des pois de printemps, ont été nettement améliorées : en un peu plus de dix ans, elles ont gagné 20 à 30 cm et approchent 60 cm pour les plus hautes (comme Aviron). D’ailleurs, l’impact de maladies aériennes comme l’ascochytose s’en trouve également réduit. La tolérance à la verse est un autre point de vigilance commun à tous les sélectionneurs.

La tolérance à l’hiver demeure un autre critère crucial pour cette espèce. « Cette année, les pois ont eu les pieds dans l’eau tout l’hiver et s’en sont sortis, alors qu’il y a dix ans ils seraient morts », juge Matthieu Floriot. Quant à la résistance au froid, elle varie selon les variétés, mais plusieurs inscriptions récentes comme Myster, Balltrap ou Fresnel peuvent résister jusqu’à - 18 °C en conditions d’endurcissement maximal, c’est-à-dire avec des températures qui descendent progressivement. Ces variétés seront donc conseillées pour l’est du territoire. Indiana, très sensible, devra être implantée dans le Sud et la façade ouest, et les autres variétés seront recommandées dans les regions du Centre et de l’Ouest. « Les sélectionneurs travaillent en complément les aspects d’endurcissement pour mieux résister aux gels de moindre intensité, qui tendent à se généraliser ces dernières campagnes en fin d’hiver début de printemps après des hivers doux », ajoute Véronique Biarnès.

Les travaux ont en outre mis l’accent sur l’augmentation de la teneur en protéines. Myster et Jagger sont parmi les plus riches. Quant au Poids de mille grains (PMG), le matériel plus récent présente des données supérieures à 200 g, alors que pour les variétés les plus anciennes, le PMG avoisine 170-180 g.

C. Fricotté

(1) Comité technique permanent de la sélection.

Ravageurs et maladies

Le cycle du pois d’hiver permet d’échapper à pas mal de problématiques, comme les coups de chaud ou certaines attaques d’insectes, courantes sur pois de printemps. Toutefois, les sélectionneurs, tout comme Terres Inovia, orientent aussi leurs travaux sur les insectes afin d’identifier de potentielles résistances (bruches, pucerons, sitones). Cette année, des analyses sont en cours pour mieux déterminer les viroses transmises par les pucerons. Les maladies sont aussi examinées de près. Ainsi, suite aux récents problèmes de bactérioses (2016), différents essais sont menés côté génétique, mais aussi côté produits phytosanitaires, afin de trouver des solutions alternatives.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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