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Orge d’hiver : la liste des variétés tolérantes à la JNO s’allonge

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Après le retrait des néonicotinoïdes - Orge d’hiver : la liste des variétés tolérantes à la JNO s’allonge
En orge d’hiver, la JNO occasionne des pertes de rendement pouvant aller jusqu’à 50 quintaux à l’hectare. © Arvalis

La tolérance à cette maladie devrait devenir le futur standard, à la suite de la disparition des néonicotinoïdes en traitement de semences.

La campagne de 2019-2020 est restée gravée dans les mémoires. Une forte infestation de pucerons à l’automne a entraîné d’importants dégâts de jaunisse nanisante de l’orge (JNO) sur les céréales, notamment sur orge d’hiver. Avec le retrait des néonicotinoïdes – imidaclopride – au 1er septembre 2018, la protection efficace des parcelles passe notamment par la tolérance variétale contre la virose. Ce critère est aujourd’hui un axe prioritaire des sélectionneurs comme Secobra recherches, Limagrain Europe ou KWS Momont. « Même si des pucerons parviennent à coloniser ces orges, leur transmettent des virus et occasionnent quelques symptômes de JNO, comme la décoloration des bouts de feuilles, les pertes de rendement liées à cette virose sont négligeables alors que, dans les mêmes conditions, les variétés d’orge sensibles risquent de perdre plus de 50 % de rendement », rappelle Arvalis.

Hausse des dépôts à l’inscription

« Il y a une tendance très forte à l’augmentation du dépôt de variétés tolérantes à la JNO », confirme Louis-Marin Bossuet, responsable des études VATE au Géves (1). Ainsi, 90 % des orges d’hiver, tous débouchés confondus, déposées en 2021 au CTPS (2) et inscriptibles en 2023, portent cette caractéristique, contre 60 % en 2020 et 25 % en 2017. « D’ici peu, il n’y aura plus de variétés non tolérantes à la JNO en dépôt, à part sur des débouchés très spécifiques », juge-t-il. Ces orges devraient devenir un standard, à plus ou moins court terme.

L’observation de ce caractère de tolérance est ancienne : elle date du début des années 2000 et repose sur un seul gène, d’origine éthiopienne. Mais jusqu’en 2016, seulement quelques variétés étaient déposées chaque année. Il a fallu la perspective de l’interdiction du Gaucho pour que cette tolérance génère davantage d’intérêt.

Débouché brassicole

C’est en orge fourragère que la gamme est la plus étoffée. Cinq nouveautés avec ce caractère-là ont enrichi le catalogue français de 2021, sur onze orges d’hiver inscrites.

En brassicole, c’est une autre histoire : le marché attend encore « la » variété à six rangs productive, tolérante à la JNO, avec une qualité technologique satisfaisante pour les brasseurs. Les choses sont en train de changer. « Sur la quinzaine de variétés d’orges d’hiver inscriptibles en 2022, les deux tiers sont à orientation brassicole », chiffre Louis-Marin Bossuet. Mais encore faut-il qu’elles soient ensuite validées par le CBMO (3) pour leur bonne qualité technologique. « Les essais d’inscription au CTPS s’arrêtent au maltage, ils ne décèlent pas les problèmes de filtration en brasserie et la rentabilité des variétés », précise le responsable. Jusqu’à présent, aucune n’a passé toutes les étapes du CBMO. En 2021, KWS Joyau a atteint la première étape d’observation commerciale et industrielle, mais elle n’a pas été plus loin. Pour la récolte 2022, KWS Exquis est sur la liste, aussi en première étape d’observation.

Isabelle Escoffier

(1) Groupe d’étude des variétés et des semences. (2) Comité technique permanent de la sélection.

(3) Comité bière malt orge.

À savoir

En orge de printemps, le critère de tolérance à la JNO commence aussi à être considéré. Une variété est en dépôt cette année. Cela pourrait être intéressant, notamment pour les semis d’orges de printemps à l’automne.

Maladie des pieds chétifs : tolérance à l’étude

L’imidaclopride protégeait aussi les orges contre le virus WDV, transmis par les cicadelles, surtout présentes dans l’est de la France. À ce jour, aucune variété n’est tolérante à la maladie des pieds chétifs, mais il s’agit aussi d’un axe de recherche chez les obtenteurs pour diminuer l’utilisation des insecticides en végétation. Les travaux sont toutefois encore peu avancés. En attendant, Arvalis conseille de ne pas anticiper les semis, de surveiller les cicadelles susceptibles de transmettre le virus et d’intervenir si nécessaire.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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