Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Nous remplaçons nos pommes Golden par des poires Club »

réservé aux abonnés

Nouvelles variétés - « Nous remplaçons nos pommes Golden par des poires Club »
En 2018, Grégory Favier a planté 2 hectares de QTee, une variété de poire bicolore. Elle est entrée en production cet été avec une récolte de 15 tonnes. © Chantal Sarrazin

En l’espace de deux ans, Grégory Favier a implanté trois hectares de nouvelles variétés de poires Club bicolores en lieu et place de la pomme Golden, de moins en moins rémunératrice.

Grégory Favier n’en revient toujours pas. Deux ans après avoir planté la QTee, une nouvelle variété de poire bicolore, les arbres sont entrés en production cet été aux alentours du 30 juillet. « Du jamais-vu ! indique cet arboriculteur à la tête de 20 hectares d’arbres fruitiers, dont 10 ha de poiriers, à La Saulce (Hautes-Alpes). En principe, il faut cinq ans pour qu’un poirier commence à donner des fruits. » Mieux, la récolte n’a pas été maigre : 15 t de cette variété issue d’un croisement entre une william et une broket juli ont été ramassés. L’arboriculteur, qui en a implanté deux hectares, vise 40 à 50 t/ha à court terme  : « À titre de comparaison, le rendement d’une poire william oscille entre 35 et 40 t/ha les bonnes années. »

Croisement william - broket juli

La QTee a d’autres qualités : un calibre attractif, un épiderme rosé qui lui confère un bel aspect, et elle est différente de ses consœurs. « On dit que c’est la poire du baroudeur, expose Grégory Favier. Elle reste ferme et croquante à maturité. Ce faisant, elle peut s’emporter partout comme une pomme ! »

Les plantations de cette bête à concours sont contingentées. QTee est en effet une variété club. La société Wouters France en est le distributeur de plants officiel dans l’Hexagone. Sudalpes, l’organisation de producteurs qui absorbe la production de fruits de Grégory Favier, s’est portée candidate pour la produire et la commercialiser. Une quarantaine d’hectares vont ainsi être mis en place dans les Hautes-Alpes.

Pari sur l’avenir

Pour Grégory Favier, implanter la QTee est un pari sur l’avenir. « En 2017, nous avons subi un gel sans précédent qui a décimé toute la récolte de pommes, des golden essentiellement, qui sont la spécialité de notre territoire. » Mais la fameuse golden des Alpes n’est plus rémunératrice. Sa concurrente polonaise plombe les prix de vente à la production. « Elle nous est payée 0,25 €/kg, déplore l’arboriculteur. C’est 0,10 € de moins que le coût de production. »

À la suite du gel, il a arraché 4,5 ha de pommiers qui sont, aujourd’hui, remplacés par de nouvelles variétés de poires. Après la QTee, il a introduit en 2019 la Fred, une autre poire club bicolore, sur un hectare. Cette dernière a été obtenue par le sélectionneur angevin Dalival, filiale de la coopérative Terrena, et l’institut fédéral de recherche suisse Agroscope. Si la QTee est précoce, la Fred est tardive et se cueille entre le 20 et le 25 septembre. La conduite des arbres est aussi différente. La QTee, très vigoureuse, est conduite en bi-axe pour maîtriser la croissance du végétal. De même, la distance d’écartement entre les plantations est moyennement dense : 3,80 m entre les rangs et 1,60 m sur le rang. « Nous avons par ailleurs réalisé une taille courte, indique Grégory Favier. Si nous laissons trop de branches, la coloration requise n’est pas là. »

Moins productive, la Fred est menée sur un seul axe. Les plantations sont en outre plus denses : 3,80 m entre les rangs et 1,20 m sur le rang. « Nous espérons parvenir à un rendement de 40 t/ha équivalent à la QTee, souligne le producteur. Pour le moment, nous n’avons que peu de recul sur son comportement.  » Les arbres devraient entrer en production en 2022-2023. L’an prochain, Grégory Favier prévoit de planter un hectare supplémentaire de cette variété. « Nous devions le faire cette année, mais nous avons finalement préféré investir dans un hectare de Pink Lady. » Une autre variété club. Sauf que ce n’est pas une poire mais une pomme.

Chantal Sarrazin

Rémunération satisfaisante

L’an passé, la QTee a été payée à Grégory Favier autour de 0,75 €/kg. C’est mieux que la golden (0,25 €/kg) et moins que la poire comice (de 0,80 à 0,90 €/kg en moyenne). Toutefois, les rendements de la QTee sont supérieurs à ceux de la comice. De plus, la QTee étant une variété précoce, elle permet d’économiser deux traitements en moyenne, un fongicide et un insecticide. Elle fait également gagner deux à trois tours d’eau d’irrigation.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !