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« J’ai suivi une formation sur le désherbage mécanique »

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Agrobio 35 - « J’ai suivi une formation sur le désherbage mécanique »
Satisfait de la formation d’Agrobio 35, Guillaume Argoud compte intégrer le désherbage mécanique dans son système à l’automne. © Guillaume Argout

Guillaume Argoud, agriculteur conventionnel, s’inspire des techniques du bio pour mettre en place le désherbage mécanique sur son exploitation.

Voilà quelque temps que Guillaume Argoud, polyculteur-éleveur à Pommier-de-Beaurepaire, en Isère, se questionnait sur le désherbage mécanique. « Mon exploitation est certifiée HVE (haute valeur environnementale) depuis deux ans, et je dois respecter des normes d’IFT (indice de fréquence de traitements). Le désherbage mécanique est un moyen de les réduire », explique-t-il. Quand un technicien de la chambre d’agriculture d’Isère lui propose de suivre la formation du groupement Agrobio 35 sur cette technique, il accepte. « Entre-temps, des adhérents de ma Cuma ont proposé d’acheter une herse étrille. J’ai pris des parts, mais encore faut-il savoir s’en servir ! »

Certification HVE

La formation se déroule en mars 2021, d’abord sous forme digitale, avec quatre heures de vidéos et contenus accessibles en ligne. « Plusieurs thèmes sont abordés, notamment les adventices : comment les reconnaître, à quel stade passer, avec quel outil…, indique l’agriculteur. J’ai pu avancer à mon rythme, revenir en arrière et prendre des notes. » Une journée en présentiel complète la partie avec les vidéos. « Tout le monde les avait suivies : les questions étaient précises, on a échangé sur ce qu’on avait vu. Il y avait des agriculteurs bio et des conventionnels comme moi, qui ont du mal avec ces outils mais qui y réfléchissent sérieusement. J’ai apprécié que le formateur ne fasse pas de différences entre nous. »

Questions précises

Guillaume Argoud s’était déjà essayé au désherbage mécanique auparavant, avec une houe rotative louée à un voisin. « J’avais fait une tentative dans le blé, qui n’avait pas été concluante. J’en ai discuté le jour de la formation : je n’avais pas forcément les bons réglages et je suis peut-être intervenu trop tard, les adventices étaient trop développées. »

Travailler les rotations

Si la formation est axée sur le désherbage du maïs, il entend l’appliquer à d’autres cultures. « La herse étrille de la Cuma devrait arriver à l’automne et je voudrais l’utiliser sur les colzas. Je me lance doucement, d’abord sur 2 ha, en espérant ensuite les conduire un maximum en désherbage mécanique, tout en gardant le chimique pour du rattrapage. » Il envisage également de passer la herse dans le tournesol, le maïs et une partie des céréales à paille. La technique a néanmoins une contrainte majeure, selon lui : les fenêtres d’intervention parfois étroites, conditionnées par la météo. « Il faut de plus intervenir plusieurs fois, contrairement au pulvé où il suffit d’un passage. Le débit de chantier n’est pas le même. »

Les ray-grass résistants sont l’une de ses principales problématiques. « Nous avons vu dans la formation que la réussite d’un désherbage mécanique est aussi liée aux rotations. J’essaie justement de les allonger, pour casser le cycle des adventices. J’ai notamment réintroduit des prairies temporaires pour mes vaches allaitantes. Sur les parcelles où je ne parvenais plus à gérer les ravenelles, des crucifères, je cultive du tournesol à la place du colza, et je tourne avec trois ans de prairies temporaires. J’ai aussi essayé le lin oléagineux cette année. Je continuerais si la culture fonctionne bien. »

Justine Papin

De la suite dans les idées

Dans le cadre du Plan de relance et de l’aide à l’investissement dans les matériels de substitution à l’usage des phytos, Guillaume Argoud a également fait une demande de subvention pour une bineuse. « L’idée est de conduire les colzas avec la herse étrille, puis de finir avec du binage, qui permet de passer sur des adventices plus développées, détaille-t-il. J’aimerais aller plus loin et m’équiper d’une désherbineuse. Ce sont des réflexions, car cela a un coût. Je pense que les futures réglementations iront dans le sens du désherbage mécanique : mieux vaut anticiper et le maîtriser au moment où on nous l’imposera. »

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