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« J’ai repris le travail du sol pour maîtriser l’enherbement »

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Lutte contre les adventices - « J’ai repris le travail du sol pour maîtriser l’enherbement »
Avec ce déchaumeur polyvalent, Éric Amiel travaille en profondeur et extirpe bien les vivaces dans l’interculture. © F. Ehrhard

Éric Amiel désherbe mécaniquement dès l’interculture et diversifie ses outils pour s’adapter à la flore et à l’état du sol.

« Depuis que je suis passé en bio, j’ai abandonné le semis direct et repris le travail du sol, afin de maîtriser l’enherbement dès l’interculture. Dans la culture, il n’est pas toujours possible d’intervenir au bon moment », explique Éric Amiel, qui cultive 310 hectares au Mas-Saintes-Puelles et à Baraigne, dans l’Aude. À l’automne, l’exploitant retarde le semis des céréales de deux à trois semaines pour avoir le temps de faire un faux semis de plus au moment où les adventices d’automne lèvent. « Cela m’amène à semer autour du 10 novembre avec une herse rotative en combiné, qui fait un premier désherbage mécanique. Ensuite, j’arrive à maîtriser l’enherbement avec un seul passage de herse étrille entre le tallage et le stade épi à 1 cm », précise-t-il. Avant les cultures d’été, maïs, soja ou tournesol, l’agriculteur réalise également deux à trois faux semis. En culture, il passe ensuite une à deux fois la herse étrille et finit avec un à deux passages de bineuse.

Lorsqu’il y a beaucoup d’adventices, il équipe ses outils à dents de socs plus larges pour désherber toute la surface. © F. Ehrhard

S’adapter à chaque situation

Dans l’interculture, Éric raisonne le choix de l’outil en fonction de l’état du sol, mais aussi de l’enherbement. « Je déchaume avec un premier passage de disques, puis j’utilise un outil à dents, explique-t-il. Si la parcelle est plutôt propre, j’opte pour des socs droits. Sinon, je monte des socs plus larges, pour désherber sur toute la surface. »

Il a ainsi des socs en patte d’oie en réserve pour les trois outils à dents qu’il utilise. « Si le sol est humide, je privilégie le Vibroflex, plus léger. En sol plus sec, je choisis le cultivateur à dents en queue-de-cochon. Et quand le sol est vraiment très sec, ou qu’il y a beaucoup de résidus, j’emploie un déchaumeur polyvalent », détaille-t-il. Ce dernier travaille en profondeur et extirpe bien les vivaces. « Il m’est très utile en localisé, dans les zones où il y a beaucoup de chardons ou de liserons », confie Éric.

En choisissant l’outil le plus adapté à chaque situation, le céréalier évite de multiplier les passages et gagne du temps. « L’an dernier, par exemple, des ravenelles avaient envahi une parcelle. Avec le Vibroflex équipé de socs larges, je les ai éliminées en un seul passage, avant de semer du tournesol », apprécie-t-il.

Pour gagner en efficacité, Éric n’hésite pas à réintroduire le labour : « Ce printemps, j’avais une parcelle avec beaucoup de ray-grass à préparer. En labourant, je l’ai supprimé en un passage, tout en réduisant les amarantes. »

Avec une large palette de cultures, l’exploitant adapte son choix au salissement, en remplaçant la céréale prévue par une prairie, afin de faucher les ray-grass avec le fourrage, par exemple. « J’arrive ainsi à réduire progressivement le stock de graines d’adventices dans le sol, affirme Éric. Dans certaines parcelles, cela va beaucoup mieux. Dans d’autres, je dois encore persévérer. »

Frédérique Ehrhard

Lin de printemps

En 2019, les pluies d’automne ont retardé fortement les semis de céréales, qu’Éric Amiel a réalisés pour partie après Noël. « Sur 12 ha avec beaucoup d’adventices, j’ai implanté du lin de printemps. Son cycle est court. J’ai eu le temps de nettoyer les ray-grass avant de le semer entre janvier et mars. Et je l’ai récolté en juillet, avant que les Xanthiums n’aient eu le temps de grainer », explique le céréalier. Il a récolté 8 q/ha, qu’il va commercialiser pour l’alimentation humaine ou animale. « Le lin d’automne a plus de potentiel, affirme-t-il. Mais il est plus difficile à désherber mécaniquement. »

En bref

• Éric Amiel exploite 310 ha sur deux sites (100 ha sont irrigables), 245 ha sont en bio ou conversion et 65 ha en conventionnel.

• Espèces cultivées : blé dur, blé tendre, orge, triticale, lentille, luzerne, vesce, prairie, lin, tournesol, maïs et soja.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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