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« J’ai investi dans trois hectares de bambou »

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Sous contrat - « J’ai investi dans trois hectares de bambou »
« Le bambou capte beaucoup de carbone et bénéficie d’une bonne image sur le plan environnemental », explique Aymeric Ferté. © Blandine Cailliez

Pour diversifier ses sources de revenu, Aymeric Ferté, cultivateur à Blanzy-lès-Fismes (Aisne), a implanté du bambou sous contrat avec la société italienne Only Moso.

Installé depuis peu sur la ferme de grandes cultures de son père, Aymeric Ferté était à la recherche de productions capables d’apporter de la valeur ajoutée sur l’exploitation. Il a investi avec son épouse Margot dans un élevage de poules bio et vient d’implanter 5 400 pieds de bambous sur 3 hectares de terres. « J’ai passé un contrat avec la société italienne Only Moso, qui fournit les plants et rachète la production, explique le jeune agriculteur. J’ai entendu parler du bambou sur les réseaux sociaux et j’ai approfondi le sujet, notamment au cours d’un voyage d’étude en Italie. » Créée en 2014, la société Only Moso a déjà implanté 2 000 ha de bambous en Italie, où elle travaille sous contrat avec 900 exploitants agricoles, et 75 en France, chez 36 agriculteurs.

Voyage d’étude en Italie

Le bambou implanté par Aymeric Ferté est le bambou géant Phyllostachys edulis, qui peut atteindre de 14 à 25 m de haut et résister à une température de - 20 °C. Originaire d’Asie, il s’adapte bien dans les sols avec un pH de 5 à 8 et sans eau stagnante. « C’est une culture qui ne nécessite ni fongicide, ni insecticide, qui capte très bien le carbone et bénéficie d’une bonne image sur le plan environnemental, souligne Aymeric Ferté. J’ai choisi une parcelle en pente, proche du réseau d’eau car les bambous ont besoin d’être irrigués. »

Récolte sous trois formes

Pour faciliter la gestion des mauvaises herbes, l’agri­culteur a semé du trèfle avant la plan­tation. Son investissement s’est élevé à 135 000 € pour les 3 ha, dont 108 000 € pour les plants, 10 000 € pour l’irri­gation au goutte-à-goutte et 5 000 € pour la clôture de la parcelle côté bois. Le goutte-à-goutte sert également aux apports d’engrais.

Une bambouseraie est implantée pour plusieurs dizaines d’années, pendant lesquelles elle est valorisée de diverses façons : les pousses sont récoltées à partir de la quatrième année pour l’alimentation humaine, manuellement ; les tiges, ou « chaumes », peuvent être ensilées une bande sur deux, pour la fabrication de pâte à papier, à partir de la cinquième année ; et les cannes de plus gros diamètre, coupées à la main, à partir de la huitième année. Le principe est de ne jamais tout récolter, afin de laisser les plantes se développer. À partir de sept à dix ans après la plantation, le bambou produit, d’après Only Moso, entre 7 et 15 tonnes de pousses et de 500 à 2 500 chaumes par an. Avec un rendement moyen de 11 t à 2 €/kg, les pousses permettent de dégager un chiffre d’affaires de 22 000 €/ha/an ; et 1 500 chaumes en moyenne, valorisés 12 €, rapporte 18 000 €, ce qui fait au total 40 000 €. « Le bambou assure un revenu minimum de 12 400 €/ha/an et un revenu moyen de 22 500 €/ha/an », assure Étienne Dill, responsable d’Only Moso en France.

« Les gains annoncés sont intéressants, mais j’attends de voir quels seront les rendements chez moi, ajoute Aymeric Ferté. Je ne prends pas un trop gros risque, j’ai investi l’équivalent du prix d’un tracteur. Même si ça devait mal se passer, je récupérerais au moins mon investissement. Comme Only Moso s’occupe de la vente et que les débouchés sont multiples, je suis confiant. »

Blandine Cailliez

Un marché en forte croissance

« Le bambou est utilisé dans de nombreux secteurs (la construction, le design, le textile, l’alimentaire, les cosmétiques…) et la demande est en pleine croissance, estime Étienne Dill, responsable d’Only Moso France. Les pousses sont destinées à l’alimentation humaine, sous forme de pousses, crème ou pesto. Les chaumes sont employés pour la fabrication de parquets, dans l’ameublement, le design ou l’habitat. La cellulose sert à la production de pâte à papier ou de couches pour bébé. Le bambou absorbe trois fois plus que le coton. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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