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« J’ai introduit le lin graine, comme tête d’assolement »

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Restructuration du sol - « J’ai introduit le lin graine, comme tête d’assolement »
Jean-Baptiste Kaiser dans la parcelle de lin semée à la fin de mars : « La culture a levé dans les quinze jours qui ont suivi les semis, sans souci d’altises. » © D. Péronne

Pour la deuxième année, Jean-Baptiste Kaiser cultive cet oléagineux, peu répandu en Lorraine.

Jean-Baptiste Kaiser, agriculteur à Angevillers, en Moselle, a choisi d’introduire la culture du lin dans sa rotation essentiellement pour des raisons agronomiques. « C’est une plante qui restructure bien le sol. Un coup de déchaumeur avant les semis de blé et le lit de semences est magnifique, souligne-t-il. L’allongement des rotations permet également de casser le cycle des insectes et des maladies. Le colza aussi se porte mieux. »

Raisons agronomiques

L’exploitation de Jean-Baptiste compte 167 ha, dont 16 d’herbe, le reste en Scop : 54 ha de blé, 17 de colza, 6 de lin, 14 de luzerne, 47 d’orge d’hiver, 13 de pois de printemps (assolement 2020-2021). Elle compte aussi un atelier viande de 30 mères limousines.

Le jeune agriculteur était à la recherche d’une nouvelle culture de printemps servant de tête d’assolement. Sur ce plateau du nord du département, à 400 m d’altitude, les températures peuvent être basses, les récoltes assez tardives. « Le soja, le tournesol, le maïs grain sont trop à risque, estime-t-il. Ma coopérative, EMC2, avait démarré une petite filière lin graine il y a quelques années. J’ai décidé de tester cette culture l’an dernier. Il faut bien choisir la parcelle, avec des limons profonds et possédant une bonne réserve hydrique. Pas des terres à cailloux séchantes. Au printemps, la terre doit être réchauffée. »

Choisir des sols limoneux

L’an passé, il a semé le lin sur 4 ha, dans la deuxième quinzaine de mars, avec un semoir à céréales. La culture lève très rapidement, au bout de dix jours. « Il faut être vigilant sur les insectes, insiste le jeune agriculteur. Les petites plantes à la levée sont très appréciées des altises car, à cette époque, le colza est déjà presque en fleur. J’ai réalisé deux insecticides à la levée. Cette année, certains agriculteurs ont semé trop tôt, comme il faisait bon début mars. Les plantules sont sorties tout de suite et les insectes se sont régalés. L’itinéraire technique est assez réduit : 100 unités d’azote à la levée, deux insecticides, un désherbant, un régulateur pour la verse qui raffermit également la tige, un fongicide. »

Enlever impérativement la paille

En 2020, Jean-Baptiste a récolté 25 q/ha, ce qui est correct, les très bons rendements se situant à 30 q/ha. La récolte se fait avec une moissonneuse classique, dont le couteau doit être très bien aiguisé. « C’est une plante ligneuse, il faut impérativement enlever la paille, ne pas enfouir les tiges qui sont comme des ficelles et peuvent endommager les outils passés ensuite. La paille n’a pas de valeur alimentaire, je l’ai utilisée comme litière en mélange. »

Ce printemps 2021, Jean-Baptiste a augmenté un peu sa surface, passant à 6 ha. L’an passé, le lin a été payé 450 €/t. Un prix ferme, arrêté à la signature du contrat avec sa coop. « Je ne calcule pas la marge brute/ha, explique-t-il. Il faut plutôt raisonner sur l’ensemble de la rotation, surtout lorsque l’intérêt de la plante se chiffre aussi en impact agronomique. Et tester une nouvelle culture est toujours motivant ! »

Dominique Péronne

Une culture d’opportunité

La coopérative EMC2 a lancé cette filière lin graine il y a huit ans. Elle s’est peu développée. « Nous avons stabilisé le nombre de producteurs, 70 environ par an, pour à peu près 1 000 ha, explique David Meder, directeur terrain de la coop. C’est une culture de printemps à laquelle des adhérents ont recours en substitution au colza d’hiver, lorsque les semis et la levée se font dans des conditions difficiles. La limite du lin graine étant qu’il nécessite des sols profonds. Le prix est fixé lors de la signature du contrat et n’est pas revu à la hausse si le marché est animé, ce que certains agriculteurs regrettent. Toute notre collecte, environ 2 000 t, part chez Valorex, en Bretagne, un fabricant d’aliments du bétail spécialisé dans l’extrusion. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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