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Hernie : la recherche variétale continue

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Lutte - Hernie : la recherche variétale continue
Il existe des symptômes aériens et racinaires sous forme d’hypertrophies qui peuvent mener à 100 % de pertes de rendement. © Christian Watier

Alors que la maladie a tendance à s’étendre, un projet est en cours pour mieux valoriser le progrès génétique, qui reste le principal levier de lutte.

Détectée dans les années 1980, Plasmodiophora brassicae s’est depuis étendue dans les régions productrices de colza, telles que le Centre, la Bourgogne, la Lorraine ou le Poitou-Charentes. « Aujourd’hui, la hernie continue de se développer et est récemment apparue en Île-de-France et en Normandie », souligne Ségolène Plessix, de Terres Inovia.

Travail variétal complexe

Dans ce contexte, l’institut a lancé une rapide enquête en ligne (1) pour mieux localiser les nouvelles parcelles concernées. « Cela permet aussi d’apporter des éléments pour les travaux de recherche en cours, notamment sur toutes les questions variétales », ajoute la spécialiste. Il s’agit du principal levier à actionner contre cette maladie.

Ainsi, Mendel a été longtemps la seule variété utilisée en France pour contrer la hernie. « Sur colza, il y a de nombreux gènes à effets partiels impliqués dans cette résistance, précise Christophe Jestin, de Terres Inovia. Mais ce travail reste assez complexe et a rendu difficile la création de nouvelles variétés à bon comportement face à la hernie. » Il a, en effet, fallu treize ans pour obtenir cette variété, mise sur le marché en 2001. Si elle était au départ résistante aux différents pathotypes, il y a, depuis, eu des contournements. Une étude terminée en 2016 a montré qu’il existait 6 patho­types. Or, P1, P2 et P3, types majori­taires, sont capables de contourner la résistance de Mendel.

Un label depuis 2014

Depuis 2010, des nouveautés ont été inscrites au catalogue, avec un bon comportement vis-à-vis de la maladie. Le Comité technique permanent de la sélection (CTPS) valorise même depuis 2014 ce progrès génétique via un label « résistance à la hernie », qui peut être reçu à la demande de l’obtenteur. Terres Inovia et les différents acteurs du terrain évaluent aussi les autres variétés pour confirmer leur comportement au champ. Au total, une vingtaine se montrent­ résistantes à au moins un pathotype (2).

Mais l’un des défauts de Mendel étant son potentiel de rendement moindre, beaucoup de nouveautés ne présentent qu’une amélioration de ce caractère avec la même source de résistance. « Nous n’avons pas forcément d’informations officielles sur les sources de résistance des variétés », ajoute Christophe­ Jestin. Comme les résistances sont très similaires entre elles, il est préconisé d’utiliser a minima une variété à bon comportement. Toutefois, si sur une parcelle donnée il y a eu par le passé un contournement avéré ou potentiel avec Mendel, aucune ne pourra être préconisée pour y faire face et il faudra alors se tourner vers d’autres pratiques culturales (voir l’encadré).

Des travaux sont donc menés pour identifier de nouvelles sources de résistance et, à terme, créer des variétés adaptées aux conditions françaises et à ces différents pathotypes. Le programme Casdar Optiplasm (2019-2021), coordonné par le Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Geves), en partenariat avec Terres Inovia et l’Inrae, a pour volonté d’optimiser l’outil officiel d’évaluation variétale du colza en conditions contrôlées vis-à-vis de Plasmodiophora brassicae. Pour cela, il va notamment s’assurer que le test officiel mené en conditions contrôlées est représentatif de la réponse variétale observée au champ. Autre action : mieux valoriser la résistance partielle du matériel, et donc le progrès génétique.

Céline Fricotté

(1) À consulter sur www.terresinovia.fr/-/enquete-hernie-des-cruciferes

(2) Liste à consulter sur www.myVar.fr

Autres leviers

Terres Inovia conseille de favoriser le drainage du sol pour éviter les excès d’eau, mais aussi de ne pas transporter de terre, d’équipements et de végétaux entre les parcelles infestées et les autres. L’eau d’irrigation et les fumiers sont aussi des sources de contamination. Il faut de plus allonger la rotation et éviter les espèces hôtes, qui favorisent la multiplication de la hernie dans les cultures principales comme dans les intercultures. Il est aussi nécessaire de soigner le désherbage des adventices de cette famille et des repousses de colza. Le chaulage en cas de pH inférieur à 6 demeure une pratique conseillée.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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