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Garder ou détruire une parcelle de colza levée tardivement

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Robustesse et capacité à passer l’hiver - Garder ou détruire une parcelle de colza levée tardivement
La pluviométrie régulière est favorable aux limaces, dont l’activité doit être surveillée. En cas de conservation de la parcelle, un antilimace est conseillé pour protéger les jeunes plantes. © J. Papin

Le choix peut être cornélien : la décision de conserver un colza mal engagé se base sur plusieurs critères, notamment les frais engendrés, l’état sanitaire ou la pression des ravageurs.

Le manque de pluviométrie en août et septembre a pénalisé certaines parcelles de colza, qui ont levé tardivement, « souvent début octobre, avec le retour des pluies, indique Bastien Remurier, ingénieur à Terres Inovia. Cette levée tardive interroge sur leur robustesse et leur capacité à passer l’hiver. » La culture doit être suffisamment développée pour faire face aux accidents à venir. « Un colza au stade 4 feuilles à l’entrée de l’hiver peut résister, mais ce n’est pas toujours suffisant », précise le spécialiste.

Évaluer les risques

Si à ce stade, il peut supporter des températures jusqu’à - 15 °C, l’enracinement, l’état sanitaire et l’exposition au vent doivent cependant être pris en compte. « 80 % de l’enracinement se fait à l’automne. Un colza qui a poussé tard sera plus faible et sensible aux aléas climatiques, son système racinaire n’étant pas très performant, ajoute Julien Charbonnaud, également ingénieur à Terres Inovia. Un sol profond peut tamponner, d’autant plus si le printemps est clément. En revanche, en sol superficiel avec un enracinement réduit, ce sera plus difficile. »

Si la parcelle est homogène, avec des colzas mal engagés à 2 feuilles, le choix de la détruire est simple. Dans le cas où les levées sont hétérogènes, il s’avère plus difficile. « Quel équilibre accepter entre bon et mauvais colza ? soulève Julien Charbonnaud. Il faut évaluer au cas par cas, en discuter avec son conseiller, en fonction de la surface en difficulté qui générera potentiellement des coûts supplémentaires en phytosanitaires. » Une densité minimale est requise pour limiter le risque de salissement. Terres Inovia conseille, pour un colza peu développé, une densité de 20 plantes/m² correctement réparties sur l’ensemble de la parcelle.

Le risque ravageurs doit également être considéré, en particulier les attaques de grosses altises et charançons du bourgeon terminal. « Dans la situation où il est décidé de conserver son colza, il ne faut pas négliger la protection contre les insectes et surveiller régulièrement sa parcelle, complète Bastien Remurier. Une attention particulière est prêtée aux grosses altises adultes : intervenir si le seuil de 80 % des plantes avec morsures est dépassé et 25 % de la surface foliaire est détruite, jusqu’à 3 feuilles incluses. Le vol du charançon a débuté et le jeune stade des colzas les rend d’autant plus vulnérables. »

Remplacer le colza

« Il faut aussi considérer les investissements engagés sur la culture, affirme Julien Charbonnaud. Ensuite, réfléchir par quoi le colza serait remplacé. Si c’est par une culture d’hiver, la décision est à prendre dans les prochains jours. Si c’est une culture de printemps, il est possible d’attendre jusqu’en mars. » Sans oublier de tenir compte des désher­bants éventuellement appliqués, auxquels la culture de remplacement devra être adaptée.

Justine Papin

Vigilance en sol argileux

« Dans un sol limoneux, on sait que les capacités de compensation et de récupération sont plus performantes qu’en sol argileux », rapporte Julien Charbonnaud. En sol argilo-calcaire superficiel, le potentiel de production peut être affecté : risques de déchaussement, capacité de compensation limitée, exposition à des événements climatiques plus importants (gel, vent, sec…). « Un colza à 2 feuilles mi-octobre dans ce contexte est compliqué, la croissance est naturellement plus difficile dans ces sols, même avec un automne doux », complète l’ingénieur.

À savoir

La décision de garder son colza doit prendre en compte l’état de la culture,
le risque historique ravageur, et le potentiel de la parcelle.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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