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« Les risques se concentrent à la levée »

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En chanvre semence - « Les risques se concentrent à la levée »
« Visuellement, on ne remarque pas que le chanvre-semence manque d’eau. Il faut faire attention », explique Simon Battais. © Anne Mabire

Simon Battais a introduit cette culture en 2018. Cette année, il récolte 17 ha de Futura 75, une variété à orientation principalement « fibre  ».

Installé en EARL avec ses parents, Simon Battais, 27 ans, exploite 90 ha à Saint-Mathurin-sur-Loire, dans le Maine-et-Loire. Cette année, il a contractualisé 17 ha de chanvre-semence avec la coopérative Hemp’It, basée dans ce même département, et semé derrière un blé la Futura 75, une variété tardive avec un fort potentiel de biomasse.

Désherbage mécanique

Avant le semis, l’agriculteur a effectué deux passages de herse rotative sur ses sols limoneux-sableux sensibles à la battance. Le premier était couplé à un apport d’azote (50 unités). « La météo aidant, j’ai réussi cette année à concentrer les semis sur trois jours, entre le 19 et le 21 mai, précise Simon Battais, qui a travaillé avec un écartement de 80 cm. Le chanvre-semence ne se sème pas creux, à 2-3 cm. » De manière générale, la levée du chanvre-semence concentre beaucoup de risques. La culture est sensible aux limaces, aux altises – en particulier au stade 4-5 feuilles – mais aussi aux lapins et aux pigeons. « Quand tout cela est passé, la plante est à l’abri et on peut alors se concentrer sur la maîtrise de l’enherbement », explique Léonard Mulot, technicien chez Hemp’It.

Simon Battais a réalisé un désherbage chimique (Colza Trio à 1 l/ha) en post-semis, puis trois binages mécaniques  : « Le premier à 4-5 cm, le suivant dix jours plus tard et le dernier au stade “limite passage tracteur”, alors que le chanvre fait déjà un mètre. » Ce troisième passage a été couplé à un second apport d’azote (80 u/ha). Le 26 août, un mois environ avant sa récolte, la taille du chanvre-semence impressionne. « La plante est à plus de 3 m. Sans raccourcisseur (Flordimex), il y aurait 50 cm de plus », confirme Simon Battais. Appliqué au stade 1 m-1,20 m, il a permis de contrôler la pousse, mais est aussi intéressant pour la verse. « Pour décider de la dose, on se consulte toujours avec le technicien, et cette année on a travaillé à 0,4 l/ha. »

Essentielle en production de semences – pour la qualité et pour la rémunération de l’agriculteur – l’épuration variétale intervient entre mi-juillet et mi-août. Elle consiste à retirer manuellement les pieds mâles. « On les repère assez facilement à leur port, décrit le producteur. Ils sont moins feuillus, se terminent par une grappe, et plus la floraison avance, plus ils sont clairs. » L’opération mobilise trois personnes, dont un chauffeur, et pour la mener à bien, Simon Battais a transformé une ancienne castreuse à maïs  : « Cela nous permet de travailler en surplomb de la culture. Au moment de l’épuration, le chanvre-semence mesure déjà 2 à 2,50 m. » L’équipe passe deux à trois fois par semaine dans chaque parcelle. Cet été, elle a retiré en moyenne « 32 pieds par hectare, ce qui est beaucoup ».

En parallèle de l’épuration variétale, Simon Battais a irrigué la culture avec un premier tour d’eau fin juillet (25 mm) et un second dix jours plus tard (25 mm à nouveau)  : « Le chanvre-semence a l’avantage d’être très couvrant. Le sol reste humide longtemps et il y a très peu d’évaporation. En revanche, il faut toujours rester méfiant parce que, contrairement à un maïs, visuellement on ne remarque pas que la culture manque d’eau. »

Anne Mabire

La coopérative Hemp’It gère la récolte

Pour la récolte 2020, Hemp’It a contractualisé 1 800 ha chez 130 agriculteurs. La coopérative gère leur récolte en direct. Elle s’appuie sur 9 ETA, qui mobilisent 13 batteuses équipées de cueilleurs adaptés, et sur les producteurs, qui mettent leurs remorques (avec chauffeur) à disposition. Le débit de chantier est conditionné aux capacités de séchage. « Nous récoltons à 25 % d’humidité en moyenne et la graine doit être ramenée à 8 % dans les dix à dix-huit heures qui suivent », précise Nicolas Chamballon, responsable du service agricole. En pratique, Hemp’It récolte entre 50 et 70 ha/jour.

Variétés

• Hemp’It compte 12 variétés à son catalogue.

• Cette année, 10 ont été mises en production.

• Futura 75 était la plus importante avec 600 ha (soit un tiers des surfaces).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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