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Économiser de l’azote sur blé tendre avec le pilotage dynamique

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Appi’N - Économiser de l’azote sur blé tendre avec le pilotage dynamique
En début de cycle, les blés conduits avec la méthode Appi’N peuvent jaunir, comme on peut le constater sur cet essai. Toutefois, cet état n’entraîne pas de perte de rendement. © H. Parisot

La nouvelle méthode de raisonnement de la fertilisation azotée du blé tendre, Appi’N, a fait l’objet de trois années de test dans le Grand-Est.

Appi’N est une nouvelle façon de raisonner la fertilisation azotée sur le blé tendre, développée par l’Inrae (1). « On oublie tout ce que l’on sait sur la méthode du bilan, explique Maëva Weens, chargée de missions pour la chambre d’agriculture du Grand-Est. Il n’y a pas d’objectif de rendement, pas de calcul de dose, pas de reliquats de sortie d’hiver. Le but est de n’apporter l’azote que lorsque la plante en a besoin. On tolère les carences en début de cycle qui sont non préjudiciables pour le rendement. »

Marge partielle augmentée de 38 €/ha

Si la méthode est basée sur des travaux de recherche pointus, la démarche à adopter est simple pour les opérateurs. « On raisonne les apports en fonction de l’indice de nutrition azotée, INN, qui est mesuré avec une pince N-Tester tout au long de la campagne, déclare l’ingénieure. On interroge la plante sur ses besoins réels. » L’objectif est de ne pas descendre en dessous d’un INN seuil, dont la valeur varie avec le développement de la culture (ex : 0,4 à épi 1 cm, 0,8 à la dernière feuille pointante). Des abaques permettent ainsi de déclencher ou non des apports en fonction de l’INN et indiquent la dose à apporter. Ces références intègrent une base de données météo des vingt dernières années.

« Les mesures débutent à la sortie de l’hiver et on pince en moyenne cinq à six fois durant la campagne, explique Maëva Weens. Elles sont réalisées durant les “jours favorables”, lorsqu’une pluie est prévue dans les trois jours ou que le sol est suffisamment humide. »

La méthode est testée dans le Grand-Est depuis 2019, dans le cadre du projet Partage, sur un réseau de 42 parcelles dans des situations variées (types de sol, précédents culturaux…).

« En moyenne sur tous les essais, la dose totale apportée a été abaissée de 25 kgN/ha, avec des rendements et des taux protéiques équivalents, détaille-t-elle. Ce faisant, la marge partielle est augmentée de 38 €/ha. » Ce calcul se base sur les prix du blé et de l’azote successivement observés en 2019, 2020 et 2021. « La date du premier apport est décalée en moyenne de 15 à 25 jours, ajoute Maëva Weens. Parfois, celui-ci est supprimé : on a une tendance à la réduction du nombre d’apports. »

Les performances environnementales sont améliorées : « On réduit les pertes azotées de 36 kgN/ha et les émissions de gaz à effet de serre de 454 kg CO2eq/ha », chiffre-t-elle.

Améliorations

Ces résultats pourraient à l’avenir montrer encore plus d’intérêt : les moyennes communiquées incluent en effet des données issues d’anciennes « versions » d’Appi’N. Les abaques ont par exemple évolué au fil du temps, se basant depuis 2020 sur des dates et non plus sur le stade du blé. Cela permet de mieux prendre en compte le risque climatique, notamment pour les blés tardifs. Depuis 2021, ils intègrent mieux les spécificités pédoclimatiques, avec des jeux de données régionalisés.

Toutes les régions ne disposent pas encore des abaques adaptés.

Des travaux sont en cours à l’Inrae pour diminuer le temps nécessaire aux mesures manuelles des INN (en utilisant le N-Pilot ou le GreenSeeker) ou encore pour adapter la démarche sur l’orge.

Hélène Parisot

(1) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

Limiter les pertes

La démarche est construite pour maximiser le CAU (coefficient apparent d’utilisation) tout en maintenant la production. Un CAU élevé signifie que les pertes azotées dans le sol et dans l’air sont faibles et donc que l’apport d’azote est efficace. Cela dépend de la météo et de l’adéquation entre la fertilisation et les besoins de la culture.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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