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Des pistes de solutions répulsives contre les sangliers sur maïs

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Essais - Des pistes de solutions répulsives contre les sangliers sur maïs
Le maïs est particulièrement concerné par les attaques de sangliers, qui ont lieu le plus souvent juste après le semis et au stade grains laiteux. © Arvalis

Arvalis teste depuis deux ans l’efficacité de plusieurs produits à effet potentiellement répulsif, au semis et au stade grains laiteux du maïs.

Entre l’augmentation des surfaces détruites et les contraintes de coûts et d’entretien de certaines solutions (barrières physiques et clôtures électriques, par exemple), la problématique des sangliers sur maïs devient de plus en plus importante.

Problématique croissante

C’est la raison pour laquelle Arvalis-Institut du végétal et ses partenaires (1) ont testé, en 2020 et 2021, l’effet répulsif de plusieurs produits au moment du semis ou au stade grains laiteux du maïs : PNF 19 et Tabasco (répulsifs gustatifs à base de piment), Hukinol (répulsif olfactif), Doxmand VR8 (ultrason) et Terragral Évolution (engrais organique). Les dégâts ont été comptabilisés sur les parcelles traitées ou équipées, et comparés à des témoins.

Des situations semblables en termes de pratiques culturales et d’environnement des parcelles ont été recherchées.

Des résultats encourageants

« Nous restons prudents sur les résultats obtenus, qui ne portent que sur deux années d’essais, signale au préalable Jean-Baptiste Thibord, ingénieur à l’Institut du végétal, au pôle ravageurs et méthodes de lutte. Certains tendent tout de même à mettre en confiance. »

En effet, au semis, les résultats de 2020 montrent une proportion de parcelles attaquées plus faible pour Hukinol et Terragral Évolution. À l’inverse, il est difficile de conclure sur l’efficacité des répulsifs sonore ou gustatif (PNF 19).

Au stade grains laiteux, Hukinol et Tabasco donnent des résultats intéressants, alors que l’ultrason n’a pas empêché les sangliers de venir. « Il est essentiel de rappeler qu’il n’y avait que trois parcelles pour la modalité Tabasco, et de prendre en compte les aspects non-intentionnels du piment, qui peut occasionner des problèmes de sélectivité », précise l’expert.

En 2021, Arvalis s’est concentré sur Hukinol : les résultats ont été tout aussi encourageants, au semis comme au stade grains laiteux. La modalité Terragral Évolution n’a, quant à elle, pas pu être menée cette année-là.

Vers la préconisation

« Pour 2022, nous souhaitons poursuivre ces essais sans démultiplier les références, en priorisant notamment Hukinol et Terragral Évolution », indique Jean-Baptiste Thibord. L’objectif, à terme, est d’aller jusqu’à la préconisation, considérant les limites actuelles de la réglementation. Effectivement, Hukinol et Tabasco, par exemple, ne disposent pas à ce jour d’une homologation pour la protection phytosanitaire des cultures, ce qui signifie que les agriculteurs ne peuvent pas les utiliser pour cet usage. « Le but de ces essais est d’évaluer la pertinence de ces produits d’un point de vue technique, un préalable indispensable pour l’étape réglementaire qui pourrait suivre. »

Charlotte Salmon

(1) Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho, Syndicats des producteurs de semences de maïs des Pays de l’Adour, Armagnac-Bigorre et Guyenne-Gascogne ainsi que
le négoce agricole Walch de Burnhaupt-le-Bas.

À savoir

Selon la Fédération nationale des chasseurs (FNC), 13 600 ha de maïs ont été détruits par les sangliers en 2019 en France.

Des leviers complémentaires ?

Le choix variétal pourrait être un levier pertinent car le sanglier sait choisir la variété qu’il préfère, notamment au stade grains laiteux. Cependant, selon Jean-Baptiste Thibord, cette préférence est davantage liée au stade, plus ou moins avancé, qu’à la variété elle-même. Le type de travail du sol est un autre levier possible, mais difficile à actionner : en effet, les situations limitant les dégâts de sangliers sont aussi les moins favorables au bon développement du maïs (sols compactés). Enfin, l’agrainage est une solution déployée par certains agriculteurs qui, correctement géré, peut donner satisfaction : il est néanmoins sujet à débat et soumis à une réglementation.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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