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Des noyers sur d’anciennes terres agricoles

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Diversification - Des noyers sur d’anciennes terres agricoles
Dans les plantations à faible densité, les noyers sont taillés et élagués dès la deuxième année, et jusqu’à la quinzième. © Ch. Leca

Le suivi de la plantation les quinze premières années conditionne la réussite de l’opération.

Arbre aux usages multiples, le noyer possède un grand intérêt commercial, en raison de sa production de bois de qualité. Mais avant de décider d’une plantation, il faut s’assurer de disposer des terrains adaptés. Des trois espèces possibles, noyer commun, noir et hybride (issu du croisement des précédents), ce dernier est sans doute le plus souple. Il possède une meilleure résistance aux maladies et une moindre sensibilité au phototropisme que le noyer commun.

Plusieurs critères à prendre en compte

« Tout comme le commun, le noyer hybride apprécie les sols limono-argileux profonds, mais il supporte un peu mieux l’acidité, puisqu’il tolère des pH de 6, déclare Jacques Becquey, ingénieur IDF (1). L’un comme l’autre détestent l’hydromorphie et les milieux asphyxiants. Quant au noyer noir, il s’épanouit dans les sols profonds et frais du nord de la France, et a besoin d’une forte hygrométrie, ce qui l’exclut au sud de la Loire. »

Par ailleurs, les trois espèces apprécient les pluviométries supérieures à 800 mm par an, bien réparties, et les contrées où les gelées tardives sont rares.

Enfin, le prix des plants est un critère de choix à prendre en compte. Le noyer hybride est souvent trois à quatre fois plus cher que le commun et le noir. Pour des plants d’un an de 60-80 cm, les tarifs de l’hybride sont proches de 3,50 € HT, contre 1 € pour le commun et le noir.

Au préalable à toute plantation, il faut ameublir le terrain sur 50 cm de profondeur, afin de favoriser l’enracinement. Au regard des analyses de terre, un apport de P et/ou K, destiné à corriger les carences marquées, est possible. « Le choix de la densité de plantation est un élément crucial à considérer, en fonction des capacités du planteur à réaliser le futur entretien, » poursuit Jacques Becquey.

Trois scénarios

Au final, trois scénarios se dégagent.

• Lorsque le planteur est en mesure d’effectuer un suivi régulier, une plantation à très faible densité, de 100 à 120 plants par hectare, est possible. Après la mise en place de plants d’origine contrôlée, avec les protections anti-gibier, les travaux consistent à tailler et élaguer chaque arbre dès la deuxième année. Le but est d’obtenir des sujets de 10 mètres de hauteur à quinze ans, sans branches sur 4 à 6 mètres. Ce scénario, qui permet de limiter l’investissement financier, est très gourmand en temps pendant les quinze premières années.

• La plantation forestière, beaucoup plus souple en termes de suivi, implique un investissement financier en plants plus conséquent, avec des densités comprises entre 900 et 1 300 arbres par hectare. Dans ce cas de figure, les lignes de noyers sont intercalées avec des lignes d’essences moins nobles, de type robinier, aulne, etc. Les premières années, le travail se résume à un passage par an (désherbage au pied des noyers, contrôle des protections). L’élagage à 3-4 mètres de hauteur ne commence que lorsque les arbres atteignent 6 à 8 mètres, et concerne les 120 plus belles tiges.

• La plantation forestière assistée constitue un scénario intermédiaire, avec de 300 à 900 plants par hectare, suivis dans leur globalité pendant les premières années (enherbement). L’élagage commence quand les arbres atteignent 4 mètres, sur les 200 plus belles tiges. Il se poursuit sur un nombre décroissant de noyers jusqu’à une hauteur de 12 mètres, pour 60 à 80 tiges par hectare. Cette option, la plus coûteuse, offre l’intérêt de supporter de légers retards de gestion.

Vincent Thècle

(1) Institut du développement forestier.

Agroforesterie possible

« Le noyer se prête bien à l’agroforesterie, qui ressemble au premier scénario, commente Jacques Becquey. Une cinquantaine de noyers à l’hectare sont plantés sur des lignes espacées de 20 mètres minimum, entre lesquelles des cultures annuelles sont possibles pendant les dix premières années. Cela implique un suivi rigoureux de la taille et de l’élagage, et surtout de prendre soin de ne pas matraquer le terrain à proximité des arbres. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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