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Des critères de décision pour fertiliser du blé en bio

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Gestion de l’épandage - Des critères de décision pour fertiliser du blé en bio
« En bio, la fertilisation repose notamment sur une bonne activité biologique du sol », rappelle Charlotte Glachant. © L. Coassin

Le type de produits a peu d’influence sur les performances de la culture, mais leur efficacité est conditionnée par l’état de la parcelle.

Les principaux besoins en azote du blé interviennent à une période où la minéralisation est faible : il est donc plus difficile d’avoir une fertilisation efficace sur cette culture, particulièrement en agriculture biologique, où les apports sont exclusivement organiques.

Le rôle de l’enherbement

« Selon une synthèse d’essais (120 conduits entre 1995 et 2015 sur la moitié nord de la France), un apport de 60 unités d’azote au tallage permet en moyenne un gain de rendement de 5 q/ha, mais avec une forte variabilité selon les situations », indique Charlotte Glachant, conseillère en agriculture biologique à la chambre d’agriculture d’Île-de-France.

L’effet de la dose et ceux de la date d’apport et du type de produit ont été étudiés, de manière à savoir ce qui influence le plus ces résultats. Dans ce même objectif, seize essais complémentaires ont été menés en 2021.

Concernant l’effet de la dose, les résultats ont montré une corrélation linéaire avec le rendement, jusqu’à l’atteinte d’un palier de 100 à 120 unités. Cependant, une augmentation de l’enherbement, dès 50 unités dans certains essais, et de manière systématique à partir de 80 unités, a été observée. « Si l’effet dose existe, c’est plutôt l’enherbement qui va jouer sur la décision, le conseil étant de la réduire selon le niveau d’infestation », déclare la technicienne. L’effet de la date d’apport au printemps s’est avéré non significatif, ce qui laisse aux agriculteurs une plage d’intervention suffisante, de février à mars. « Les épandages d’automne peuvent, quant à eux, être aussi efficaces que ceux de printemps si l’hiver n’est pas trop lessivant, chose qu’on ne peut prédire », ajoute-t-elle.

Évaluer la rentabilité

L’efficacité de différents types de produits organiques – fientes, farines de viande et d’os, vinasses, engrais végétaux perlés… – a été testée à dose équivalente et période d’apport identique. Sans être significatives, quelques différences ont été constatées, par exemple entre les farines et les fientes – en faveur des premières – ou encore au profit des vinasses comparées aux fientes. Dans les essais de 2021 (résultats provisoires), les engrais végétaux perlés se sont davantage démarqués.

« Néanmoins, et d’une manière générale, l’influence du produit est faible, avec un gain de rendement de 1 à 3 q/ha au maximum et de protéines de 0 à 0,5 %, nuance Charlotte Glachant. L’efficacité du produit n’est donc pas un critère déterminant, ce qui va l’être est sa composition en autres éléments minéraux, P et K, sa praticité d’épandage et son prix. »

En effet, les simulations économiques réalisées en 2021 montrent que les engrais perlés ne sont pas en tête de liste en matière de rentabilité. Celles effectuées sur l’historique de vingt ans mettent en évidence une perte de marge brute pour 40 % des apports (hypothèse de prix : blé à 450 € et unité d’azote à 3 €).

« Efficacité ne veut donc pas dire rentabilité, alerte l’experte. Il est important de faire ce calcul économique, d’autant plus que la tendance actuelle du prix de l’azote est à la hausse. »

Charlotte Salmon
Raisonner les apports selon l’état de la parcelle

Pour aider dans le choix d’épandre ou non un produit organique, deux indicateurs sont à prendre en compte. Le premier est le niveau élevé de reliquat en sortie d’hiver, et le second la présence d’un facteur limitant la minéralisation de l’azote ou son absorption par les plantes, tel qu’une structure de sol dégradée ou un enherbement trop important. Seuls ou cumulés, ces deux paramètres peuvent réduire, voire annuler l’efficacité des produits apportés. « Il est donc important de bien raisonner les apports en fonction de la situation de la parcelle, indique Charlotte Glachant. La culture précédant le blé, particulièrement s’il s’agit d’une légumineuse, est aussi à considérer. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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