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Des couverts permanents pour maximiser les services apportés

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Sols - Des couverts permanents pour maximiser les services apportés
Le type de sol est un élément déterminant pour le choix des espèces du couvert permanent. © C. Salmon

Cette pratique présente des avantages agronomiques et économiques à l’échelle de la culture et de la rotation, si certains critères sont respectés.

Depuis 2013, Arvalis teste la cohabitation des couverts avec des cultures principales, notamment sur blé tendre d’hiver mais aussi sur cultures de printemps (lire l’encadré ci-dessous). « Le terme permanent est peut-être un peu impropre : il s’agit plutôt de couverts semi-permanents qui dureront de dix-huit à trente-six mois, plus rarement jusqu’à cinq ou six ans », souligne Jérôme Labreuche, ingénieur travail du sol et gestion des couverts chez Arvalis-Institut du végétal.

Des situations variées

Une diversité de situations est possible, toutefois la pratique la plus courante est celle d’un couvert de trèfle ou de luzerne implanté dans un colza et maintenu a minima jusqu’au blé suivant.

« Les services attendus sont les mêmes que ceux des couverts d’interculture classiques, néanmoins en maximisant leur impact », indique l’expert. Stockage du carbone, structure du sol, apports d’azote ou encore gestion des adventices sont des bénéfices recherchés par les agriculteurs. « D’un point de vue économique, les situations sont très variées : avec un couvert bien maîtrisé, on peut espérer un gain de marge nette à l’échelle de la rotation de 50 à 100 €/ha/an. »

L’ingénieur alerte quant au contexte pédologique : « C’est un critère sur lequel il faut être très vigilant car toutes les espèces ne sont pas adaptées à tous les types de sols. » Par exemple, la luzerne et le sainfoin n’apprécient pas les sols trop humides en hiver : il faudra, dans ce cas, privilégier d’autres espèces comme les trèfles blancs et violets ou le lotier corniculé. Le deuxième critère à prendre en compte est la dynamique de croissance des espèces : « En effet, il arrive de trouver des nuances de comportement d’une légumineuse à l’autre », signale Jérôme Labreuche. Ainsi, le trèfle blanc est en mesure de concurrencer le blé dès l’automne alors que la luzerne peut devenir gênante avec la pousse de printemps.

Réguler sur blé

L’effet du couvert sur le rendement du blé est globalement neutre, d’après les essais d’Arvalis. Cependant, cette moyenne cache de grandes disparités (pertes jusqu’à 50 % et gains jusqu’à 25 %).

Les meilleurs résultats ont été observés dans les situations où la biomasse du couvert à l’automne était de plus de 2 t/ha de matière sèche. Ensuite, et dans le cas où le couvert est maintenu dans le blé, le rendement peut être préservé, voire amélioré, si sa biomasse ne dépasse pas la tonne de matière sèche au printemps. « La période critique pour la compétition se situe à partir du stade épi 1 cm, avec l’azote comme facteur limitant : le couvert devra alors être calmé dès mars », précise Jérôme Labreuche. Des produits de désherbage du blé, à dose modérée, peuvent être utilisés (notamment des sulfonylurées). À l’automne, des herbicides seront éventuellement nécessaires, particulièrement sur trèfle blanc. Attention, la sélectivité des produits varie selon les espèces, les stades et doses d’application.

Charlotte Salmon

À savoir
Davantage de difficultés sur cultures de printemps

Arvalis a également mené des essais sur orge de printemps et maïs dans l’idée d’intégrer les couverts permanents à l’échelle d’une rotation. Plusieurs conduites ont été testées, de la destruction avant le semis au maintien d’un couvert vivant dans la culture.

D’une manière générale, la compétition du couvert s’avère trop importante, vis-à-vis de la lumière ainsi que de l’azote pour l’orge, et de l’eau pour le maïs. Afin de préserver le potentiel de rendement de ces cultures, l’institut déconseille, donc, de maintenir le couvert vivant.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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