Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Des courges sept mois sur douze

réservé aux abonnés

Légumes - Des courges sept mois sur douze
Frédéric Cazalic stocke sa production à la ferme dans les endroits les plus ventilés. © Ch. Sarrazin

Frédéric Cazalic a orienté son exploitation vers la culture de courges musquées, qu’il produit avec ses propres graines. Un légume qu’il commercialise tranché auprès des hypermarchés.

La courge ? C’est la spécialité de Frédéric Cazalic. À Auriol, dans les Bouches-du-Rhône, au pied du massif de la Sainte-Beaume, il en récolte près de 170 tonnes par an. De la courge musquée, qui représente 60 % de ce volume, mais aussi du potimarron, de la butternut et de la courge spaghetti. Poids lourd de son exploitation, ces cultures avalent 60 % de la superficie, qui s’élève à 15 hectares, et 80 % du chiffre d’affaires.

Semis de printemps

« C’est mon père qui a lancé ce légume, explique le maraîcher. Quand je me suis installé en 2003 sur les terres familiales, je me suis axé sur ce produit, que je commercialise essentiellement auprès de la grande distribution, de septembre à avril. » Frédéric vend la courge musquée tranchée et filmée. Il réalise la découpe et le conditionnement lui-même, avec une trancheuse pneumatique et une filmeuse automatique. Les courges de diversification sont, quant à elles, commercialisées entières. Ses produits sont présents dans les hypermarchés Auchan du quart sud-est, chez Système U, Intermarché et Leclerc. « J’ai tissé ce réseau progressivement, expose l’agriculteur. Je travaille en direct avec les responsables de ces magasins, sans passer par les centrales d’achat. »

Si Frédéric a choisi la courge, c’est aussi parce que sur les versants de la montagne, les hivers sont gélifs. « En culture de plein champ, mieux vaut privilégier les semis de printemps », plaide-t-il. Les courges et les potimarrons sont ainsi semés début juin, sur du paillage plastique dégradable, pour être récoltées début septembre. Pour les butternuts, les plantations ont lieu en mai et la récolte fin septembre. Les semis et la récolte sont manuels.

Côté semences, la courge musquée est produite avec des graines issues d’une sélection de la ferme. « Elles ont l’avantage de donner des courges de gros calibres, entre 5 et 10 kg pièce, bien adaptées au tranchage, indique Frédéric. Pour les butternuts, il a choisi la variété Pluto, pour les potimarrons, c’est Amoro, les deux sélections étant, selon lui, rustiques et productives.

Arrosage régulier

Afin d’obtenir de beaux calibres, le producteur doit réaliser un arrosage régulier en été. Au champ, chaque rang de courges est équipé d’une ligne de goutte-à-goutte. « Nous apportons de l’eau à partir du 1er juin tous les deux jours jusqu’au mois de juillet, puis tous les jours jusqu’au 15 août », explique-t-il. À l’automne, il amende les sols avec du fumier de cheval composté, à raison de 50 tonnes à l’hectare.

« Globalement, ces cultures sont peu sensibles aux maladies, précise Frédéric Cazalic. Toutefois, les attaques de pucerons sur les plants au moment où ils sortent de terre, et sur fruits à la récolte, demeurent le problème principal. » Cette pression s’accentue à cause de la multiplication des fourmilières à proximité des plantations. « Nous n’avons rien pour lutter contre, déplore le producteur. Il y a de moins en moins de gibier prédateur des fourmis et, ce faisant, elles prolifèrent. »

Après la récolte, les courges sont conservées dans les bâtiments de la ferme dans les endroits les plus ventilés. À l’avenir, l’exploitant voudrait investir dans un entrepôt de stockage performant. Aujourd’hui, il arrive que les courges pourrissent en cours de conservation. Les pertes, qui sont parfois conséquentes, peuvent affecter le chiffre d’affaires.

Chantal Sarrasin

Diversification

Cette année, Frédéric Cazalic a réduit de près de moitié la superficie cultivée en courges musquées, pour tomber à 3 hectares. « L’effet Halloween s’amoindrit », explique-t-il. Il a choisi de diversifier sa production avec de la patate douce, de la pomme de terre Monalisa, de l’oignon rouge et doux. Il commercialise ces légumes auprès d’un magasin de producteurs situé à Aubagne (Bouches-du-Rhône). Dans les grandes et moyennes surfaces, la courge est vendue 1,20 à 1,30 €/kg. La patate douce est proposée à 3 €/kg au magasin de producteurs.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !