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Des bandes fleuries pour réguler les ravageurs des cultures

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Expérimentation - Des bandes fleuries pour réguler les ravageurs des cultures
La bande fleurie a été implantée au mois de mars, entre deux parcelles cultivées (blé et maïs pour la campagne en cours). Fin mai, les premières fleurs de sarrasin sont observées. © C. Salmon

L’intérêt des bandes fleuries sur la biodiversité est reconnu mais ses effets sur les auxiliaires des cultures et les ravageurs restent à quantifier.

Impliquée depuis plusieurs années sur les enjeux environnementaux, la station expérimentale de La Jaillière, à Loireauxence, en Loire-Atlantique, s’est dotée, en 2020, d’un dispositif « bande fleurie ». Ce projet vise à acquérir des références quantitatives de l’effet des bandes fleuries sur les auxiliaires et ravageurs des cultures. « Nous souhaitons que l’agriculteur puisse mieux se situer, en répondant à des questions comme : combien de mètres faut-il ? Quelles espèces implanter ? », souligne Stéphane Jézéquel, directeur scientifique chez Arvalis.

Une conduite raisonnée

Cette bande de 70 mètres de long est positionnée entre deux parcelles cultivées, conduites de manière raisonnée comme sur le reste de l’exploitation de la station. Le couvert est constitué d’un mélange de lin, sarrasin, fenugrec, nyger, chia, phacélie et aneth : des espèces choisies pour la complémentarité de leur période de floraison.

Le pot Barber est une méthode simple et peu coûteuse pour la collecte des auxiliaires du sol, comme les carabes. © C. Salmon

Plusieurs outils de suivi

Un certain nombre d’outils est utilisé pour le suivi des auxiliaires et ravageurs, sur la bande fleurie mais aussi sur les parcelles adjacentes pour évaluer l’effet de la distance : pots Barber pour les carabes, staphylins et araignées, pièges à limaces, aspirateur et tente Malaise pour les insectes volants. « Nous faisons appel à un laboratoire spécialisé pour l’identification des espèces car cela requiert une expertise fine », précise Véronique Tosser, référente biodiversité chez Arvalis. Évoquant la complémentarité des auxiliaires généralistes, comme les carabes, et des spécialistes, comme les syrphes, l’ingénieur rappelle néanmoins la nécessité de mobiliser un panel de leviers pour la régulation des ravageurs. « Les auxiliaires ne sont pas une solution magique », alerte-t-elle.

Pérenniser la bande ?

Cette question n’est pas encore tranchée pour Arvalis, en raison notamment des risques de salissement sur les parcelles voisines. « La bande fleurie doit bien s’insérer dans l’activité agricole, cependant dans l’idéal, oui, il faudrait pouvoir la maintenir sur plusieurs campagnes, sans avoir à ressemer chaque année », explique Alain Dutertre, responsable de la station. Les résultats de cette expérimentation ne seront disponibles que d’ici quelques années, ce qui permettra de prendre en compte la variabilité climatique. « Il s’agira, par ailleurs, de résultats territoriaux », signale Stéphane Jézéquel.

Charlotte Salmon

Un réseau de bandes fleuries chez des agriculteurs pour la comparaison de systèmes

À l’initiative de l’UMR Agronomie-Inrae de Grignon, un réseau d’une trentaine de bandes fleuries a été mis en place, en 2018, chez des agriculteurs des Yvelines, de l’Essonne et d’Eure-et-Loir. L’objectif est lui aussi d’étudier l‘effet des bandes fleuries sur les auxiliaires et la régulation des ravageurs. Le projet vise également à comparer trois systèmes : conventionnel, biologique et conservation des sols.

Les bandes ont été implantées pour être les plus pérennes possibles, avec un mélange de 42 espèces (vivaces, plantes indigènes et semences locales). « Ce choix n’est pas le plus accessible pour les agriculteurs, mais il pourrait être envisagé, dans un second temps, de travailler avec des semenciers », indique le chercheur Antoine Gardarin.

Pour l’heure, aucune conclusion ne peut être donnée sur l’effet des systèmes, les suivis étant en cours d’analyse. « Nous avons fait des observations qui restent à valider par un plus grand jeu de données, indique le chercheur. Par exemple, nous avons vu moins de pucerons d’automne en conservation des sols par rapport au conventionnel, et un taux de parasitisme sur ce ravageur plus élevé à proximité de couverts d’interculture en fleur à l’automne. » Une piste intéressante à une période où les bandes pérennes ne sont plus fleuries et moins attractives.

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