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Conduire des Cive dans les systèmes maïsicoles du Sud-Ouest

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Couverts d’interculture - Conduire des Cive dans les systèmes maïsicoles du Sud-Ouest
L’avoine diploïde est une espèce appropriée en tant que Cive d’hiver, par rapport aux dates d’implantation. Le seigle et le triticale peuvent aussi être utilisés. © Arvalis

Les Cive sont pertinentes d’un point de vue agronomique et économique, à condition d’adapter les itinéraires techniques et d’avoir un débouché.

Dans le sud-ouest de la France, le climat chaud et humide du Béarn et ses rotations à base de maïs sont propices aux couverts d’interculture. Avec le développement de la méthanisation, les couverts intermédiaires à vocation énergétique (Cive) constituent une voie de valorisation intéressante pour les agriculteurs. Depuis 2015, la plateforme Syppre Béarn teste ces couverts sur plusieurs rotations : monoculture de maïs, maïs-soja et une rotation de trois ans intégrant maïs, soja et céréales à paille (1).

Des mélanges à l’étude

En Cive d’hiver, l’avoine diploïde est semée le plus tôt possible après la moisson. « Nous avons choisi cette espèce car elle est appropriée à la date d’implantation. Les légumineuses peuvent quant à elles présenter des difficultés de levée, ou se développer plus tardivement », précise Clémence Aliaga, responsable de la plateforme. Des mélanges sont actuellement à l’étude, afin de profiter d’autres services potentiels, tels que la fourniture d’azote. En effet, pour une Cive de graminées, il est préconisé une fertilisation azotée en sortie hiver de l’ordre de 80 à 100 kg N/ha, le plus souvent du digestat.

À la plateforme du Béarn, les Cive d’hiver récoltées entre fin avril et début mai affichent des niveaux de productivité assez homogènes, de 6 à 7 t de MS/ha selon la rotation. « Plus globalement, dans le Sud-Ouest, nous connaissons les mêmes ordres de grandeur, mais il peut y avoir de la variabilité selon les secteurs », précise Nicolas Dagorn, ingénieur bioressources chez Arvalis-Institut du végétal.

Sur la plateforme comme ailleurs, l’introduction de ces couverts n’est pas sans conséquence pour le maïs suivant. En effet, entre des semis plus tardifs et des variétés plus précoces, le rendement risque d’être affecté (perte de potentiel estimée à 13 % en moyenne sur Syppre). Cet aspect pourra être compensé par une bonne valorisation économique de la Cive, avec un prix de vente suffisant.

Plus de difficultés avec les Cive d’été

Concernant la rotation de trois ans, les résultats sont plus mitigés. « La réussite des céréales à paille est plus aléatoire et la Cive d’été [ici sorgho fourrager, NDLR] peut elle aussi rencontrer des difficultés de levée », indique Clémence Aliaga. Ailleurs dans le Sud-Ouest, l’enjeu principal est aussi la levée de ce couvert d’été, à une période habituellement chaude et déficitaire en eau. « Selon la possibilité ou non d’irriguer pour assurer la levée, les logiques seront différentes, explique Nicolas Dagorn. Avec l’irrigation, on pourra se permettre d’utiliser des semences plus chères, comme le maïs, le tournesol ou le sorgho biomasse. L’importance donnée aux Cive sera également différente selon que l’on est investisseur dans l’installation de méthanisation ou seulement fournisseur de matière première. »

Charlotte Salmon

(1) https://syppre.fr/terres-humiferes-du-bearn/

À savoir

Deux types de Cive existent :

• couverts d’hiver, semés fin d’été-automne, récoltés au printemps

• couverts d’été (cycle court), récoltés dès l’automne.

Fédérer les actions

Le projet Recital (1) a pour objectif de proposer des recommandations régionalisées pour la conduite des Cive. « Syppre Béarn est intéressant pour ce projet, car il n’y a pas beaucoup d’autres plateformes avec autant d’historiques sur ces couverts », indique Nicolas Dagorn. Des enseignements ressortent des premiers travaux, notamment sur le pouvoir méthanogène. « Sur ce critère, le gain d’une espèce à l’autre n’est pas si important que cela : il y a plus d’intérêt à chercher du rendement en adaptant bien l’itinéraire technique », précise l’expert.

(1) Conduit de 2019 à 2023, porté par plusieurs partenaires, dont Arvalis, et financé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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