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Limiter la monoculture dans les zones touchées

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Chrysomèle - Limiter la monoculture dans les zones touchées
C’est la seconde année consécutive qu’une parcelle en Rhône-Alpes présente des dégâts de verse attribués à la chrysomèle du maïs. © Arvalis

Cet insecte ravageur du maïs posant désormais un problème, il devient urgent de contenir les populations, d’après l’institut Arvalis.

« Tout se déroule comme prévu ! », ironise Jean-Baptiste Thibord, spécialiste des ravageurs du maïs chez Arvalis, au sujet de la pression chrysomèle 2020. Ainsi, sans surprise, les zones où l’insecte a été le plus capturé se situent en Alsace et en Rhône-Alpes, où Diabrotica virgifera est désormais installé.

Alsace et Rhône-Alpes

Les pièges à phéromones ayant pour rôle de détecter la présence d’individus dans une aire géographique donnée, il faut à présent se baser sur des pièges chromatiques (jaunes) pour mesurer l’abondance des populations dans ces deux régions.

En Rhône-Alpes, il y a eu plus de 6 000 captures avec ce type de piège. Jusqu’à plus de 8 individus ont été pris par piège et par jour dans certaines parcelles. Or, la valeur seuil indicative utilisée aux États-Unis, au-delà de laquelle une nuisibilité économique est probable l’année suivante, est de 5 adultes/piège/jour. Elle est en revanche de 10 en Italie, où les conditions pédoclimatiques sont différentes et l’irrigation gravitaire. Comme on pouvait s’y attendre, des dégâts de verse dus à ce coléoptère ont été observés pour la seconde année consécutive en Rhône-Alpes, avec des populations très importantes en combe de Savoie, dans le Grésivaudan et, dans une moindre mesure, dans les marais de Bourgoin.

En Alsace, 59 931 insectes ont été piégés (phéromones) en 2020, contre 32 222 en 2019. « L’accroissement est relativement régulier sur les dernières années, avec un facteur de multiplication proche de 2 par an », apprend-on dans le Bulletin de santé du végétal alsacien. Le maximum observé sur les pièges jaunes correspond à 3,9 chrysomèles par jour et par plaque. Mais si les captures se rapprochent des seuils de nuisibilité, aucun dégât lié à la chrysomèle n’a été à ce jour identifié en Alsace.

En ce qui concerne les autres régions où l’on retrouve l’insecte (Paca, Aquitaine, Poitou-Charentes, Bourgogne, Lorraine, Franche-Comté et Île-de-France), les captures sont, dans l’ensemble, faibles. Ailleurs en France, la chrysomèle n’a pas été observée.

Adapter la rotation

« Il est grand temps de réagir pour contenir les populations », estime Jean-Baptiste Thibord. Lorsqu’il y a peu de captures sur pièges à phéromones (moins de 100 adultes/piège/an), il est recommandé de ne pas mettre de maïs l’année suivante sur la parcelle où les individus ont été piégés. Si des captures significatives (> 100 adultes) ont été relevées, il est conseillé de ne pas cultiver de maïs plus d’une année sur six ou sur cinq si la parcelle est exposée à un fort risque de stress hydrique.

Dans les secteurs les plus touchés, où les pièges chromatiques sont installés, il est préconisé de ne pas implanter de maïs plus d’un an sur quatre (ou trois) si les captures sont inférieures à 5 adultes/piège/jour. Enfin, pas de maïs en N+1 si plus de 5 insectes/piège/jour ont été recensés.

Céline Fricotté

La protection insecticide n’est pas un recours

La rotation culturale demeure le pivot de la lutte. Les conditions climatiques, trop humides au printemps ou trop sèches, peuvent aussi avoir un impact sur les populations. En revanche, la protection insecticide (telle que Karaté 0.4 GR, Trika Expert, Force 20 CS...) peut seulement contribuer à atténuer partiellement le risque et sans aucune garantie d’efficacité. « Cela sera peut-être plus pertinent en cas de captures significatives sur pièges jaunes, là où la densité de maïs est importante, comme en Rhône-Alpes », ajoute Jean-Baptiste Thibord, d’Arvalis.

Application

Pour disposer de pièges et contribuer au réseau de surveillance participative, Arvalis, le Gnis et l’Inrae proposent l’application ChrysoPop.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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