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Céréales : préparer les locaux de stockage

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Nettoyage rigoureux - Céréales : préparer les locaux de stockage
Les locaux sont entièrement nettoyés, de préférence un mois avant la nouvelle récolte. © I. Escoffier

S’il reste quelques solutions chimiques,le marché incite à se tourner de plus en plus vers les méthodes de lutte alternatives.

Les normes commerciales exigent des livraisons de grains stockées totalement exemptes d’insectes vivants. Parvenir à ce résultat impose une rigueur dans le nettoyage des locaux, car les charançons, capucins, silvains et autres triboliums, à l’exception des alucites, ne proviennent pas du champ.

Livraisons exemptes d’insectes vivants

Pour ce faire, chaque cellule ou case est nettoyée, sitôt la vidange effectuée, afin d’éliminer toute source de nourriture et d’abri qui déclencherait la conservation et la multiplication des ravageurs. Les refuges potentiels sont à dépoussiérer en partant du haut jusqu’en bas. Les poutres, passerelles, murs, parois de cellules, pieds d’élévateurs et de vis, fosses de réception sont débarrassés des débris et grains brisés aussitôt évacués, puis détruits loin du silo. Pour atteindre sans risque, les points les plus élevés, il existe des balais télescopiques qui se déploient jusqu’à 10 m pour un coût de moins de 100 euros. Quant aux coins difficiles d’accès, la puissance des aspirateurs industriels permet le plus souvent d’en retirer la poussière.

Balais, aspirateurs

Ce travail préparatoire réalisé, plusieurs possibilités s’offrent au stockeur pour désinsectiser les locaux. La pratique la plus courante consiste à traiter les parois et les fonds de cellules avec des insecticides de stockage homologués pour cet usage. Après de nombreux retraits, il reste, aujourd’hui, trois spécialités à base de pyréthrinoïdes (Talisma EC, Deltagrain CE 25 PB, K Obiol ULV6) et une à base d’organophosphoré (Pirigrain 250). Ces produits proposent une protection de plusieurs semaines contre les différentes formes d’insectes des denrées stockées. Leur emploi implique de prendre un certain nombre de précautions au niveau de l’applicateur (lire l’encadré ci-dessous).

C’est l’une des raisons pour lesquelles se développent des méthodes alternatives. Cela passe, en premier lieu, par un réglage de la moissonneuse, qui limite la teneur en impuretés des grains puis, dans la foulée, par un passage au nettoyeur-séparateur. L’étape suivante consiste à mettre en place la ventilation de refroidissement par paliers successifs avec un premier objectif d’abaisser la température des grains à 20 °C en fin de moisson, ensuite 12 °C en automne et, enfin, 5 °C en hiver. Un suivi des températures, à l’aide de sondes thermométriques, complète le dispositif.

Poudres inertes

Dans le même temps, des pièges à insectes sont disposés sur les tas et contrôlés régulièrement. Ils stoppent une infestation précoce en déposant l’insecticide sur le seul lot touché.

Parmi les méthodes alternatives figurent aussi les produits à base de poudres inertes utilisées en agriculture bio ou lorsque le cahier des charges de l’acheteur exclut les produits de synthèse. Deux spécialités, une à base de terre de diatomée (SilicoSec), l’autre à base de bicarbonate de soude (ProCrop S), sont commercialisées et ont de bons résultats en traitement préventif des locaux.

En pratique, ces produits s’appliquent soit en secvia un pistolet à air comprimé, soit humides après mise en suspension dans l’eau puis pulvérisation à l’aide d’un appareil à dos. Selon différents essais menés par Arvalis et d’autres structures, la dose optimale semble se situer à 10 g/m2 sans qu’il soit toujours possible d’obtenir une répartition homogène. L’efficacité préventive est améliorée par température élevée et faible humidité.

Vincent Thècle

Porter un équipement de protection individuelle

L’application de produits de désinfection des locaux impose le port d’équipements de protection. En premier lieu, les gants en nitrile ainsi que le masque respiratoire A2P3 et la visière sont indispensables à la préparation de la bouillie avec le produit concentré. Une combinaison étanche aux produits chimiques niveau de protection 4 et des bottes complètent l’équipement.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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