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Miscanthus et sorgho prometteurs

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Biomasse - Miscanthus et sorgho prometteurs
Le Groupe PSA a validé l’introduction de miscanthus dans un composite polymère qu’il pourrait utiliser dans ses voitures. © Blandine Cailliez

Des améliorations génétiques et des nouveaux débouchés sont en vue pour les deux cultures à biomasse, miscanthus et sorgho.

Si le miscanthus et le sorgho font l’objet d’un engouement en France, les travaux de recherche engagés dans le cadre du programme Biomass for the future (BFF), qui vient d’être clôturé, montrent que les deux cultures offrent des perspectives, tant sur le plan génétique que sur celui des débouchés.

Élargir les ressources génétiques

En miscanthus, par exemple, toutes les surfaces mises en place jusqu’à maintenant en France sont issues d’un seul clone de l’hybride Miscanthus × giganteus. « L’objectif du programme de sélection est d’élargir les ressources génétiques pour éviter qu’une maladie ou un parasite ne s’attaque à ce seul clone et ne fasse disparaître la culture », explique Herman Höfte de l’Inrae (1), coordinateur du programme. « Nous nous sommes focalisés sur l’espèce Miscanthus sinensis, qui dispose d’un grand réservoir de diversité génétique et s’adapte bien à des milieux divers, indique Maryse Hulmel, sélectionneur à l’Inrae d’Estrées-Mons (Somme). L’objectif est de créer de nouveaux clones triploïdes, stériles et non invasifs, résistants à la sécheresse et avec une meilleure digestibilité. »

Le sorgho est une espèce davantage travaillée par les sélectionneurs privés. Dans le cadre du programme BFF, ils ont aussi cherché à élargir ses bases génétiques en introduisant dans leurs programmes du matériel exo­tique. « Nous travaillons surtout sur la tolérance au froid et la vigueur au départ afin de permettre des semis plus pré­coces, pour profiter des pluies du printemps et éviter la sécheresse estivale, soulignent Joël Alcouffe, de RAGT, Quentin Devaud, d’Eurosorgho, et Patrice Jeanson, d’Euralis. L’objectif est aussi d’adapter la culture aux Cive (2) avec des semis tardifs et une durée du cycle de la culture plus courte. »

Du biogaz aux composites automobiles

Du côté des débouchés, les travaux ont permis de montrer l’intérêt du sorgho pour la méthanisation. « Son pouvoir méthanogène est supérieur à celui du miscanthus, et il est corrélé à la digestibilité de la plante », poursuit Herman Höfte. Un prétraitement alcalin du sorgho permet d’augmenter la production du biogaz de plus de 20 %. « Un composite polymère à base de miscanthus pour l’industrie automobile a été validé par le Groupe PSA, ajoute Patrick Navarre, d’Armines-Mines Paristech. Il est prêt à être commercialisé. » L’incorporation du miscanthus, jusqu’à 30 %, permet d’alléger le composite, d’améliorer ses propriétés mécaniques de flexion, est intéressant pour son impact sur l’analyse du cycle de vie du composite et ne nécessite pas d’anti-odeurs.

Le miscanthus pourrait aussi être utilisé dans le bâtiment. Il nécessite cependant une adaptation pour supprimer les molé­cules de sucre qui empêchent la prise du béton et améliorer la résistance à la compression des bétons. Les chercheurs ont également annoncé qu’une technologie développée par le projet français Futurol allait permettre la création en Croatie d’une usine d’éthanol de deuxième génération à partir de miscanthus.

Blandine Cailliez

(1) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

(2) Cultures intermédiaires à vocation énergétique.

Stockage du carbone

L’Inrae a mesuré le stockage de carbone dans le sol sur cinq ans dans une parcelle de miscanthus. « Entre 2014 à 2019, il a augmenté de façon significative sur l’horizon 0-5 cm du sol, pour les deux espèces de miscanthus », précise Chantal Loyce, qui a mené ces travaux. L’Inrae a aussi montré que les autres génotypes de Miscanthus sinensis étudiés avaient la même particularité que le miscanthus classique : celle de recycler l’azote de la partie aérienne dans ses rhizomes pendant la période de sénescence de la culture. Ce qui permet de conduire la culture de l’année suivante sans apporter d’azote.

À savoir

Les surfaces de miscanthus sont passées de 4 000 à 7 000 ha en France au cours des cinq dernières années et celles de sorgho ont fait un bond de 35 % en 2020, à 115 000 ha.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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