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Bien contrôler les rumex

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Multiplier les moyens de lutte - Bien contrôler les rumex
La reproduction du rumex est assurée à la fois par les pousses végétatives et par grenaison. © Sébastien Champion

Le rumex est l’une des vivaces qui prolifère le plus. Différents moyens de lutte sont nécessaires
pour limiter son développement.

Le rumex engendre une forte nuisibilité dans les cultures en rotation avec des prairies. Ses racines ont une forte capacité de bouturage, elles résistent au gel et peuvent repousser après arrachage. Mais la vivace possède aussi une forte capacité de grenaison. Les graines ont une longue durée de vie et sont capables de germer presque toute l’année. « De jeunes rumex de semis peuvent donc émerger à l’automne et affecter la levée de la céréale­ d’hiver ou de la prairie nouvellement implantée », alerte Arvalis. Les pousses végétatives issues de souche émergent, elles, au printemps.

Actions préventives

Différents moyens de lutte sont nécessaires pour limiter le développement de la mauvaise herbe. À commencer par les actions préventives, comme le broyage des abords de parcelles avant l’apparition de hampes florales et la destruction systématique dans les cultures des rumex issus de graines plus faciles à détruire. Le labour évite l’installation et le développement des grosses souches mais il enterre les graines, favorisant leur survie. Ainsi, les déchaumages réalisés durant l’interculture en période sèche sont le levier agronomique le plus efficace. Toutefois « au lieu de découper les pivots, il est préférable de les remonter en surface avec des passages répétés d’outils à dents incurvées vers l’avant, munis d’ailettes qui se recoupent au maximum », insiste l’institut technique.

Faux semis

Les faux semis réalisés par passages superficiels répétés permettent de faire germer une partie des graines présentes dans l’horizon superficiel dès l’automne. Les jeunes plantules peuvent ensuite être détruites chimiquement ou mécaniquement quand il est possible de les déraciner. « En céréales à paille, la gestion des rumex grâce aux herbicides est assez aisée à condition de les cibler au bon moment et d’intervenir dans les zones infestées », détaille Arvalis. La période la plus sensible pour les rumex se situe au moment où la dernière feuille est enroulée autour de la hampe florale (fin avril-début mai).

Efficace en interculture

Les produits à base de fluroxypyr, notamment, sont très efficaces. Les sulfonylurées, à base de metsulfuron par exemple, sont intéressantes également. Mais attention, un cas de résistance du rumex aux inhibiteurs de l’ALS (dont fait partie le metsulfuron) a été observé en 2017 en Bretagne (lire l’encadré ci-dessous). En maïs, le dicamba, le fluroxypyr et le prosulfuron peuvent être utilisés. Il n’existe pas de solution en colza et en protéagineux.

Enfin, la lutte contre les rumex de souche apporte de bons résultats en interculture avec du glyphosate ou du 2-4 D (sauf devant les crucifères et légumineuses à petites graines). Elle complète une application d’herbicides en culture.

Isabelle escoffier

Première vivace résistante aux herbicides

Un cas de résistance aux herbicides inhibiteurs de l’ALS (acétolactate synthase) a été détecté en 2017 chez le rumex à feuilles obtuses (R. obtusifolius). Une première en France sur une vivace. Des tests biologiques ont été réalisés sur une population provenant d’une parcelle de céréales dans le Finistère où le rumex à feuilles obtuses n’était plus contrôlé par le metsulfuron, herbicide du groupe Hrac B. Trois produits du groupe B ont été testés : le metsulfuron (Allié SX), le thifensulfuron (Harmony SX) et le florasulame (Primus), ainsi que le fluroxypyr, un herbicide auxinique du groupe Hrac O. Ces tests ont montré des résistances aux trois inhibiteurs de l’ALS, seuls ou associés. En revanche, la sensibilité au fluroxypyr des plantes de rumex de la parcelle concernée n’était pas altérée. Ce type de résistance ne concerne qu’un seul mode d’action herbicide, qu’il convient donc de changer. Cela implique aussi de diversifier la succession de cultures. Seules quelques cultures comme le ray-grass d’Italie, le seigle, l’avoine et la luzerne sont capables d’exercer une concurrence efficace contre le rumex.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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