MAEC (1), HVE (2), réseau Dephy, agriculture biologique (AB), mais aussi AgriCO2, Demeter ou encore Bœuf d’herbe : dans une étude parue le 9 août 2020 (3), France Stratégie a analysé 23 cahiers des charges ou référentiels français pouvant se rattacher aux principes de l’agroécologie, publics ou privés. Pour les positionner les uns par rapport aux autres, les auteurs ont dressé une typologie des différentes démarches selon deux axes, obtenus en combinant différents critères.

Le premier axe porte sur la réduction des intrants en production végétale (fertilisation, produits phytosanitaires) et animale (antibiotiques, achats d’aliments, etc.). Le deuxième axe se focalise sur l’intensification des fonctionnalités écologiques en lien avec la biodiversité (conservation de la biodiversité naturelle, maintien des prairies permanentes, diversification des cultures, etc.) et la préservation des ressources (travail et couverture des sols, préservation de la qualité et de la quantité d’eau, etc.). Pour chaque critère, un score a été attribué sur 13, ce qui correspond au plus grand nombre de cahiers des charges possible pour un critère donné. Ceux-ci ont ensuite été additionnés pour obtenir les deux axes du graphique ci-dessous, où seules les démarches regroupant le plus grand nombre de fermes en France sont représentées.

« Malgré ses limites, cette typologie souligne la grande hétérogénéité des niveaux d’exigences des référentiels pouvant être qualifiés d’agroécologiques », notent les auteurs. L’agriculture biologique et la HVE « apparaissent clairement comme les deux référentiels les plus exigeants d’un point de vue environnemental ».

Indicateurs économiques favorables à l’AB

En parallèle, les performances économiques de certaines de ces démarches ont été étudiées en excluant les aides Pac. « Les exploitations agroécologiques présentent en général des résultats économiques à moyen terme supérieurs à ceux d’exploitations conventionnelles », notent les auteurs. Ils estiment que c’est particulièrement le cas en bio, ce qui s’explique par une réduction des charges d’intrants, des prix de commercialisation plus élevés et moins volatils, ainsi que des rendements plus réguliers (diversité de production) : « Les résultats économiques sont d’autant plus favorables à l’agriculture biologique que les prix des produits en conventionnel sont faibles et que la conjoncture climatique est difficile. »

Tous les référentiels n’ont pas fait l’objet d’autant d’études que l’AB, mais d’autres sont identifiés comme rentables à moyen terme : certaines MAEC systèmes en grandes cultures ainsi que des fermes du réseau Dephy.

Hélène Parisot

(1) Mesures agroenvironnementales et climatiques.

(2) Haute valeur environnementale

(3) « Les performances économiques et environnementales de l’agroécologie », La Note d’analyse, n° 94, août 2020