La flambée des prix des engrais minéraux et les difficultés d’approvisionnement annoncées incitent tous les agriculteurs qui le peuvent à recourir d’avantage aux engrais organiques. Mais pour en tirer le meilleur parti, il est important de connaître la composition exacte du lisier ou du fumier afin de raisonner l’épandage unités d’azote plutôt qu’en m3/ha. Plusieurs solutions sont proposées pour les tonnes à lisier.

La première est celle du proche infrarouge (NIR). Ce procédé analyse l’absorption et la réverbération d’un faisceau lumineux auxquels réagissent les différents nutriments présents dans l’effluent liquide. Cette technologie permet de déterminer rapidement la matière sèche (MS), l’azote, l’azote ammoniacal, le phosphore et le potassium.

John Deere, avec son Harvest Lab hérité de l’ensileuse et rebaptisé pour l’occasion Manure Sensing, ainsi que l’italien Dinamic General avec l’Evo-NIR proposent cette solution. En France, l’Evo-NIR est distribué par CNH dans sa gamme AgXtend, sous l’appellation NirXact. La seconde solution mesure la conductivité électrique et la température du lisier. Cette technologie est employée uniquement sur les tonnes Tadys. Enfin, Samson utilise la résonance magnétique nucléaire, un dispositif qui ne nécessite pas de calibrage.

© Samson - Sur les tonnes à lisier Samson à rampe, il est désormais possible de réaliser de la modulation intraparcellaire de la fertilisation à partir de cartes de préconisation géolocalisées. Le module GSC est capable de gérer douze tronçons.

Enfin une solution pour le fumier

Contrairement au lisier, l’analyse en continu du fumier en est encore à ses balbutiements. Le groupe Samson a développé le premier capteur NIR pour son épandeur à fumier Pichon grâce à une collaboration avec l’Inrae. L’organisme de recherche a analysé 500 fumiers différents, du plus pailleux au plus pâteux, et mémorisé tous les spectres obtenus dans la base de données Epsolys. Pichon a ensuite collaboré avec Photon Lines pour développer Opti-Sensor, un capteur intégré sur la ridelle de l’épandeur. Il utilise la méthode de spectroscopie en proche infrarouge.

Un échantillonnage est prélevé à intervalle régulier. Les résultats obtenus sont comparés à la base de données Epsolys et permettent de déterminer le taux de matière sèche, l’azote ammoniacal, ainsi que le taux de carbone, de phosphate et de potassium dans le fumier solide. La mesure est diffusée en temps réel sur un écran de lecture en cabine. La régulation de la quantité de fumier s’effectue en modifiant la vitesse du tapis.

Cette analyse quantitative des nutriments permettra à terme une régulation de l’épandage par rapport à l’un des composants au choix. L’objectif à terme est de réduire fortement le recours aux engrais minéraux.

© Pichon - Le capteur Opti-sensor de l’épandeur Pichon est placé sur la ridelle et échantillonne le fumier toutes les 100 ms.