C’est en partant du constat que les performances laitières sont souvent en baisse lorsque la période de pleine pousse de l’herbe est passée que Haute-Loire Conseil Elevage a voulu aider les éleveurs à optimiser la gestion de cette ressource. Pour ce faire, une étude a été lancée durant l’été 2020 sur 16 exploitations du département afin d’analyser le comportement des vaches et leur niveau d’ingestion en cycle de pâture. Les élevages ont été classés en trois catégories révélatrices des pratiques départementales : un groupe valorisant la pâture jour et nuit, un groupe distribuant une ration mélangée à l’auge en complément de la pâture et un troisième dit « économe » avec un pâturage de jour et une faible complémentation. Des caméras ont été placées sur les pâtures et en bâtiment pour filmer le comportement des animaux avec un focus sur l’état corporel, les membres et le remplissage du rumen. Les quantités d'aliment distribuées ont été pesées et analysées. Les quantités d’herbe ingérées ont été mesurées grâce aux hauteurs d’herbe en entrée et sortie de pâture associées à la densité prairiale. 

Des résultats hétérogènes

Les vaches disposant d’une ration mélangée présentent une note d’état corporel proche ou supérieur à l’objectif. Une herbe verte mise à disposition toute la journée favorise une activité ruminale stable avec des rumens toujours plein. Les caméras de surveillance révèlent des comportements très différents d’un groupe à l’autre. Le groupe « économe » se caractérise par un repas principal long et une valorisation des quantités ingérées pénalisées par un manque de temps de repos. Le temps du repas principal est réduit à 3 heures pour les vaches avec la ration mélangée. L’étude révèle aussi une surestimation globale des quantités de matière sèche ingérée. Souvent estimée à 19 kg/VL/jour, elles ont en réalité été évaluées à 17 kg/VL/jour. Le respect des hauteurs d’herbe préconisées à l’entrée (12 cm) et à la sortie du pâturage (6 cm) conditionne une bonne valorisation de cette biomasse. Le groupe pratiquant 24 h de pâturage affiche des moyennes de 11,2 cm et de 6,3 cm en entrée et sortie. Dominique et Nathalie Gibaud, qui élèvent 60 vaches montbéliardes sur 90 ha de prairies naturelles à 1200 m d’altitude, ont intégré le groupe de travail du Mézenc (voir l'encadré). « Nous avons corrigé la hauteur d’herbe de nos sorties de pâture en la ramenant de 5 à 6 cm avec des rotations de 4 à 5 jours. Nous distribuons un peu d’enrubannage tout l’été. Les vaches restent dans le bâtiment ouvert sur une parcelle durant la nuit. Nous n’avons pas de baisse de production estivale grâce à ces pratiques. » 

L’impact économique d’une bonne maîtrise de la conduite estivale n’est pas négligeable, comme en témoignent les résultats des marges journalières de l’étude « Pâturez, vous êtes filmées ». La marge sur coût alimentaire varie quasiment du simple au double entre les différentes exploitations avec un minimum de 4 €/VL/jour et un maximum de 7,49 €/VL/jour.