"Je sais pourquoi je me lève le matin. Je prends plaisir à travailler dans mon bâtiment et je vois que mes veaux y sont bien", se réjouit Sabrina Duval, éleveuse de veaux de boucherie à Saint-Germain-sur-Ille en Ille-et-Vilaine. Son élevage compte 440 places réparties en deux bâtiments. Le plus ancien, qui comporte 240 places, a été réaménagé lors de son installation en 2016. L'autre a été mis en route en février 2021, pour 200 places supplémentaires. 

Sabrina a conçu son nouveau bâtiment en tenant compte de ses conditions de travail et du confort de ses animaux. Il correspond aux normes du bâtiment premium promu par Van Drie France, l’entreprise intégratrice qui travaille avec l’élevage. "Avec l’expérience du premier bâtiment depuis 5 ans, j’ai pu apporter les améliorations qui me paraissaient nécessaires", précise-t-elle. 

Automatiser au maximum

"Comme je suis seule sur l’exploitation, j’ai souhaité automatiser au maximum les tâches difficiles", indique Sabrina. Ce qui est le cas de l'alimentation. Les repas lactés et fibreux arrivent directement dans les cases via des tuyaux aériens dans deux auges séparées. L’aliment fibreux est préparé dans un bol mélangeur en indiquant le pourcentage de paille souhaitée dans la ration. Cette dernière est acheminée par un tapis. L’éleveuse a juste à actionner une tirette sur le doseur au-dessus de l’auge pour adapter la quantité souhaitée selon la case. Un gain important en temps de travail et surtout en pénibilité. "Je ne porte aucun seau. Je n’ai pas non plus de taxi de distribution de lait à pousser, apprécie l’éleveuse. Auparavant, je mettais la paille à la main." Une page de tournée. Les deux cuisines, celle pour le lait et celle pour la fibre, sont communes aux deux bâtiments et le plus ancien est désormais relié pour l’alimentation automatique. 

L’intérieur du nouveau bâtiment est très lumineux grâce à de nombreuses fenêtres. Elles représentent 5% de la surface au sol. Pour leur confort, les animaux sont en cases collectives de seulement 7 places. "Cela permet une meilleure réactivité en cas de problème sanitaire. C’est primordial dans ce type d’élevage", ajoute la productrice. Les cases sont équipées d’un caillebotis caoutchouc ajouré. Les effluents sont évacués régulièrement avec un racleur électrique en dessous des cases qui emmène le lisier à la fosse.

De tels aménagements ont un coût. L’investissement dans le nouveau bâtiment se chiffre à 1861 € par place. Sabrina a pu obtenir des aides PCAE et bénéficie d’un engagement pour 16 bandes de veaux. Elle est rémunérée mensuellement à la place et peut bénéficier d’une prime selon ces résultats technico-économiques. En concevant son bâtiment, l’éleveuse a également réfléchi à l'optimisation de ses charges. Les ventilateurs à économie d’énergie installés dans tout l’élevage sont en outre très peu bruyants. Autre économie importante sur l’élevage, l’eau pour la buvée des veaux est chauffée grâce à une installation solaire. Seul l’appoint est fait au gaz, ce qui permet là encore un gain d’énergie. "Ma facture n’est pas plus élevée que quand j’avais seulement 240 veaux", conclut Sabrina.