Tout faire pour « pérenniser le métier, travailler la cohérence de son système et répondre à l’agribashing. » C’est pour ces raisons qu’Anne et Denis Yvray, éleveurs à Villegenon (Cher), ont accueilli favorablement l’audit « durabilité » déployé, depuis peu, par les laiteries H. Triballat-Rians. «

Pérenniser le métier

La grille d’évaluation est divisée en quatre axes. Le premier reprend la charte des bonnes pratiques d’élevage sur 40 points. Avec 39, l’élevage montre patte blanche.

Le second axe est consacré à la qualité du lait. « Il n’y a pas de points à gagner, mais à perdre en cas de soucis sur les cellules ou les inhibiteurs », explique Charline Bracq, du service production du lait de la laiterie. Là encore, rien à signaler sur l’exploitation. « Nous avons déjà eu des problèmes, car les infrastructures ne suivaient pas la croissance du cheptel, relate Denis. Depuis, nous sommes passés d’une aire paillée aux logettes, le bâtiment s’est agrandi, et les robots de traite sont arrivés. La pression sanitaire est moindre et le confort est optimisé pour les vaches et pour nous ! »

Travailler la longévité

Vient ensuite le bien-être animal. Le diagnostic BoviWell pèse pour 25 points. « Nous avons suivi des formations sur l’éthologie et la prise en charge de la douleur lors de l’ébourgeonnage », précise Anne. L’absence du pâturage et la prévalence des boiteries pénalisent l’élevage, qui récolte tout de même 20 points. Pour y remédier, « l’aménagement du parcellaire pourra être revu » et « le croisement holstein-brune-rouge scandinave est à l’essai pour gagner en rusticité. »

Le volet bien-être s’intéresse également à la longévité. S’il n’est pas question de conduire un « Ehpad bovin », cela est considéré comme « un réel facteur de réussite économique » par Dominique Verneau, directeur production laitière pour les laiteries H. Triballat-Rians. La moyenne d’âge est de 4,35 ans sur l’exploitation. L’objectif étant de 5 ans, Anne et Denis reçoivent 1 des 5 points possibles. « Avec l’accroissement du troupeau, le renouvellement était important, note Denis. Le cheptel va se stabiliser et le recours au croisement devrait nous aider à progresser. »

La dernière partie concerne l’environnement. L’IFT (1) des surfaces dédiées au lait, la contribution à la biodiversité et l’autonomie alimentaire sont évalués. L’élevage récolte les honneurs, avec 12,5 points sur 15. Sur l’empreinte carbone du lait, calculée avec Cap’2ER, la marge de progrès est encore grande (0 sur 5 points). « Nous tentons de réduire notre dépendance au soja importé en travaillant sur des cultures de méteil et luzerne », indiquent les éleveurs, qui comptent aussi allonger la durée d’implantation des prairies. Enfin, 10 points auraient pu être gagnés en passant la certification environnementale de niveau 2. « Nous allons nous y pencher », annonce Anne.

« Nous avons une photo de l’élevage, bien pratique pour se situer et mesurer nos progrès », concluent le père et la fille, qui devront attendre deux ans pour la réactualiser. A. Courty

(1) Indicateur de fréquence de traitement.