« Si le plein air intégral présente l’intérêt incontestable de l’économie d’un bâtiment, il nécessite néanmoins une technicité rigoureuse pour assurer le bien-être et les performances du troupeau. Il est plus difficile d’obtenir de très bons résultats technico-économiques en plein air qu’en bâtiment », avise le GDS 23, groupement de défense sanitaire de la Creuse. 41 % des éleveurs allaitants et laitiers pratiquent le pâturage hivernal avec des animaux à plus faibles besoins – génisses, vaches taries ou bœufs –, mais seulement 8 % de ceux en système allaitant sont en plein air intégral. Un minimum de rusticité, incluant une facilité de vêlage et une bonne valorisation des fourrages grossiers, est un préalable indispensable.

Sols portants et abris

Le choix des parcelles est le premier critère à considérer. Des sols durs granitiques présentant une bonne portance sont les plus adaptés. À l’échelle de l’exploitation, le chargement ne doit pas dépasser 1,2 UGB/ha. Au champ, un espace vallonné ou des abris naturels sous forme de haies et de bosquets doivent apporter une protection au troupeau contre les intempéries. Alors que les adultes supportent bien le froid, les jeunes veaux y sont très sensibles. Des températures en dessous de 3 °C pénalisent leur bilan énergétique lors des premiers mois de vie, et les font maigrir. La pluie aggrave cette situation, car le poil mouillé perd son pouvoir isolant. Sur le plan sanitaire, le voisinage reste le principal facteur de risque à l’égard de la diarrhée virale des bovins (BVD).

La contention des animaux est une des principales difficultés rencontrées en plein air intégral. Il est conseillé de recourir à du matériel adapté : parcs, corrals, couloirs et cages de contention. Une surveillance et un contact régulier de l’éleveur avec ses animaux améliorent leur docilité.

Concernant l’alimentation, les besoins hivernaux du troupeau sont 10 à 15 % supérieurs en plein air. L’apport de fourrages de bonne qualité en quantité adaptée aux besoins (lire l’encadré) est assuré à l’aide de râteliers en nombre suffisant et régulièrement déplacés. Une complémentation minérale en sel doit également être apportée, avec une mise à disposition d’une pierre toute l’année. Le calcium, le phosphore et le magnésium sont distribués à l’aide de seaux à lécher. Les oligoéléments, indispensables à la santé et à l’immunité des bovins, seront administrés sous forme de bolus ou en liquide dans l’eau d’abreuvement, tout comme la vitamine A, qui peut aussi être injectée. Quant à l’abreuvement, la disponibilité en eau de qualité (de surface non stagnante, de forage ou de réseau) est essentielle, avec des points d’eau en quantité suffisante dans la parcelle. 20 % des bovins doivent pouvoir boire en même temps. M. Roque-Marmeys