Sans protection appropriée, l’écornage thermique des veaux induit une vive douleur lors de l’application du fer, laissant place à une inflammation pouvant persister 7 à 9 heures après l’intervention. « L’expérience est traumatisante pour l’animal et peut être préjudiciable sur le long terme », alerte Marylise Le Guénic, vétérinaire rattachée­ à de la chambre d’agriculture de Bretagne. Différentes solutions, cumulables, existent pour assurer la prise en charge de la douleur et du stress occasionnés par le chantier d’écornage.

1. Le sédatif

La sédation en intramusculaire constitue l’unique rempart contre le stress. Comme le résume la plaquette « Écorner les jeunes bovins efficacement, facilement et sans douleur », publiée dans le cadre du RMT bien-être animal (2016), la sédation « calme l’animal et relâche les muscles. »

Le respect de la dose prescrite par son vétérinaire, en fonction du type et de l’âge des veaux, est essentiel afin d’éviter un réveil précoce ou, au contraire, la survenue de complications cardio-respiratoires en cas de surdosage. De petites seringues permettent un dosage précis.

2. L’anesthésie locale

Dans la foulée, l’injection sous-cutanée d’un anesthésique local dans la région du nerf cornual (hors veine cornuale) « coupe l’influx nerveux douloureux » causé par la brûlure. La sédation préalable du veau facilite la manœuvre.

3. L’anti-inflammatoire

Enfin, l’injection sous-cutanée d’un anti-inflammatoire se charge du plateau de douleur post-écornage. Le temps que ces traitements agissent, « l’éleveur peut préparer sa tondeuse et le fer », suggère la vétérinaire.

« Combiner ses étapes est le seul moyen d’appréhender à la fois le stress, le pic de douleur aiguë et l’inflammation consécutive », insiste Marylise Le Guénic. Et comme le bien-être animal n’est pas la seule dimension à considérer, « ce protocole améliore beaucoup le confort de travail de l’éleveur », assure-t-elle. Une ambiance calme, pour un travail accompli dans de bonnes conditions. « Certains jugent ces étapes contraignantes, mais les suivre aide à ne plus voir l’écornage comme une corvée. »

Reste le cas de l’ébourgeonnage chimique des plus jeunes, avec la soude caustique. « L’intervention en elle-même est moins violente, mais la douleur est bien présente et sa prise en charge est hasardeuse. L’anti-inflammatoire seul est la principale option, bien que non satisfaisante », conclut la vétérinaire, favorable à l’ébourgeonnage thermique, réalisé entre 2 et 4 semaines d’âge.

A. Courty