«Au bout de six ans d’utilisation de balle de riz pour pailler mes veaux, je ne reviendrai pas en arrière », souligne d’emblée Mathieu Auchabie, installé avec son père sur une exploitation de 140 ha, à Rosiers-d’Égletons, en Corrèze. Le troupeau est composé de 72 vaches limousines et 8 « tantes » laitières pour une production spécialisée de 50 à 55 veaux sous la mère par an.

Pénibilité et temps de travail réduits

Les vaches sont logées dans une stabulation paillée communiquant avec une salle de tétée classique où les veaux sont conduits à leur mère. Les laitières sont traites avec transfert pour une meilleure homogénéité et digestibilité du lait distribué en complément aux veaux. Avec des vêlages de fin août à la mi-janvier, les ventes des veaux s’étalent de janvier à fin mai. Ces derniers sont logés en cases collectives sur balle de riz.

 

« Je les installe au démarrage sur 30 cm de litière, explique Mathieu Auchabie. Je ne touche plus à cette litière durant le premier mois. Ensuite, je rajoute une à deux pelletées deux fois par jour au moment des tétées. La manutention de ce produit est beaucoup plus facile qu’avec de la paille. Je réduis significativement la pénibilité et le temps de travail quotidien. Je limite aussi le curage à une fois au lieu de deux durant la vie d’un veau. »

De 110 à 150 € la tonne

À cette facilité d’utilisation, s’ajoutent les avantages d’une litière très absorbante, donc plus sèche. Elle maintient les veaux très propres dans un confort visible. Son éventuelle ingestion ne pénalise pas la couleur de la viande. Elle supprime les risques de blessures avec les pierres que peut contenir la paille. Les éleveurs constatent aussi moins d’émanations d’odeurs et moins de fermentations qu’en système avec de la paille.

« Bien que le prix de la balle de riz soit moins volatile que celui de la paille, nous la payons très cher en ce moment, à 150 €/t (18 €/m3 pour une densité de 120 kg/m3). Son prix peut varier entre 110 € et 150 €/t », souligne l’éleveur. L’approvisionnement se fait auprès de la Cotrada, dans la Drôme. « Le prix de revient de la balle de riz s’élève à 28,50 € par veau, tandis que celui de la paille est de 26,40 €/veau avec un prix de la paille de 110 €/t, précise Coralie Sirieix, conseillère « Veaux sous la mère » à la chambre d’agriculture de Corrèze.

Un écart de prix qui ne change pas le regard favorable que portent les éleveurs à cette litière. « Nous n’avons pas besoin d’utiliser un tracteur pour pailler. C’est une économie à prendre en compte. Il faut moins d’espace pour la stocker et son épandage avec le fumier apporte de la silice, qui a un effet bénéfique sur le pH de nos sols sableux et acides », explique Mathieu Auchabie.

Monique Roque Marmeys