Cela va faire huit ans qu’Éric Barnier a installé un robot distributeur automatique de concentrés (Dac) pour son troupeau de 280 chèvres de race saanen. « Avant, je distribuais les grains de maïs, d’avoine et de concentrés du commerce au seau. Cette tâche était très contraignante en temps et en pénibilité. De plus, la ration n’était pas homogène », explique l’éleveur, installé à Aouste-sur-Sye (Drôme).

Des rations adaptées

C’est surtout pour gagner en autonomie alimentaire que l’éleveur s’est orienté vers cet automate. « Cela m’a permis d’ajouter dans la ration du tournesol produit sur l’exploitation, chose que je ne faisais pas avant pour des questions pratiques, et par conséquent de baisser l’achat de concentrés du commerce. » L’autonomie alimentaire de l’élevage est, aujourd’hui, de 90 %, fourrage et céréales confondus.

Le Dac circule dans le couloir d’alimentation de la chèvrerie. Il est guidé au sol par un fil électrique introduit dans la dalle. Il est programmé via un ordinateur pour répartir dans les auges quatre repas par jour, deux à 11 h et deux à 20 h. Le fourrage, constitué de trèfle, ray-grass, sainfoin et luzerne est, quant à lui, donné deux fois par jour à la main. « Une ration différente est distribuée selon les lots : primipares, longue lactation et bonnes productrices. » Ces dernières disposent d’une ration journalière de 200 g d’avoine, 300 g de maïs, 100 g de tournesol et entre 200 et 400 g de concentrés du commerce. La ration peut varier selon les stades de lactation du troupeau. « Grâce à l’installation de déflecteurs à l’entrée et à la sortie des parcs, l’automate sait quelle ration il doit donner. » Le robot recharge seul ses quatre cuves distinctes en gare de stationnement. « L’automatisation ne doit pas être synonyme de totale autonomie. Des vérifications doivent être faites quotidiennement, insiste Éric. Il faut, en effet, veiller à l’absence de cailloux sur le passage de la machine, dépoussiérer régulièrement les déflecteurs, et surveiller l’historique de l’ordinateur pour voir si la ration précédente a bien été distribuée… »

L’investissement s’est élevé à 23 000 €, dont 17 000 € pour le robot et 6 000 € pour l’adaptation dans la chèvrerie. « En tant qu’employeur de main-d’œuvre, j’ai bénéficié d’une aide de 3 000 € de la MSA dans le cadre de la réduction de la pénibilité du travail. »

D’un point de vue zootechnique, l’éleveur se dit très satisfait de cet investissement. « La distribution des aliments est précise et homogène, même avec des graines et des granulés de diamètre différent. L’équilibre de la ration est ainsi mieux respecté à l’échelle de chaque chèvre. Ce qui induit une meilleure homogénéité des performances laitières à l’intérieur du troupeau. » La mise en place du Dac a également permis de mieux fractionner les repas, pour une meilleure efficacité alimentaire. « L’ajout du tournesol a aussi été bénéfique pour varier l’alimentation et atteindre mon objectif d’autonomie alimentaire. » S’agissant du temps de travail, l’éleveur estime à une heure par jour le gain obtenu.

Camille Penet