Afin de lutter contre l’antibio­résistance ou de soutenir le système immunitaire des animaux, l’utilisation des extraits de plantes se démocratise peu à peu dans les élevages avicoles. Bien qu’étant « naturels », ces produits requièrent une attention particulière.

Une attention particulière

Certains extraits de plantes sont des médicaments à part entière. « S’il y a une allégation thérapeutique, il s’agit d’un médicament vétérinaire, et le produit ne peut être délivré que sur prescription », indique Catherine Experton, responsable du pôle santé de l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques (Itab). Sur l’immense offre d’extraits de plantes, de préparations et autres huiles essentielles proposées en élevage, il n’existe à ce jour que huit produits ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché. Une cinquantaine d’autres disposent du statut d’additif, et sont ainsi reconnus comme actifs sur la santé ou le bien-être de l’animal.

La qualité du produit ne doit pas être négligée. La teneur en principe actif peut varier selon l’origine géogra­phique, l’année de récolte et le traitement appliqué aux plantes. Il convient également de veiller aux bonnes conditions de stockage. À cet égard, les extraits de plantes sont généralement plus stables que les plantes entières.

Des usages variés

En poulet de chair bio, 62 produits différents ont été recensés en 2017, pour 203 usages, dont les trois quarts en action préventive. Le projet Mexavi a notamment confirmé les effets de la mélisse et du ginseng sur la santé, le bien-être et les performances des volailles en les testant sur 1 080 poulets de chair standard. La mélisse a amélioré le poids vif et le GMQ durant la phase de croissance, tout en confirmant son activité antioxydante. De son côté, le ginseng s’est avéré être un bon anti-inflammatoire, en complément de ses effets positifs sur l’immunité des animaux.

Il reste à utiliser rigoureusement les extraits de plantes sur son élevage. « Le caractère naturel de ces produits ne doit pas conduire à baisser la garde, avertit Christine Filliat, docteure vétérinaire dans la Drôme. Dans certains élevages, les animaux n’ont pas une seule journée d’eau pure. Or, il n’est notamment pas nécessaire de soutenir l’immunité de l’animal tout au long de sa vie, mais uniquement à des stades clés de son développement. »

Yanne Boloh