«Depuis 2018, je commercialise une dizaine de très jeunes bovins bio par an sous la marque Tendre d’Oc, après les avoir engraissés deux mois. Je revalorise ainsi des veaux tardifs, des femelles ou des mâles légers qui n’auraient pas obtenu de prix correct en broutard », explique Daniel Bedos, éleveur à Cailla, dans l’Aude.

Echelonner les vêlages

Avec sa compagne, Roxane Gioanni, ils élèvent 57 vaches aubracs et 32 chèvres sur 260 ha, répartis entre 6 ha de triticale, 20 ha de luzerne, 60 ha de prairies naturelles et 174 ha de parcours. La majorité des vêlages sont groupés sur janvier et février. Les veaux pâturent avec leur mère à partir d’avril, puis les accompagnent en estive. « Je les sèvre et je les trie là-haut pour constituer des lots de broutards de 250 kg vifs de moyenne, vendus en septembre et octobre. »

Afin d’aider la filière Tendre d’Oc à servir ses clients toute l’année, Daniel cherche à obtenir des animaux prêts à des périodes où d’autres éleveurs en ont moins. « Avec les primipares qui vêlent en octobre, j’en ai à vendre en juillet et en août. Et grâce aux vêlages tardifs en mars et avril, j’en fournis aussi en février et mars. »

Bonne conformation des reproducteurs

Avec une finition de deux mois seulement, Daniel reste dans un cycle court adapté à son système naisseur. « L’objectif est avant tout que ces très jeunes bovins prennent assez de gras pour donner une viande rosée tendre et goûteuse. En bâtiment, je leur distribue 4 kg/j/tête d’aliment bio à 16 % de protéines, ainsi que du foin et de la paille à volonté », précise-t-il.

Le nouveau cahier des charges bio précise que les animaux en finition doivent pouvoir sortir librement. Daniel prévoit donc d’installer des parcs extérieurs qui seront accolés aux box qu’il est en train d’aménager pour ses très jeunes bovins.

L’âge à l’abattage ne doit pas dépasser douze mois. « J’obtiens des carcasses de 140 à 220 kg, avec une moyenne de 180 kg, qui se classent le plus souvent en R2 », note Daniel. Afin d’améliorer le rendement en viande, il fait désormais­ plus attention à la conformation des taureaux­ et des génisses de renouvellement. « Je devrais ainsi avoir plus de kilos à vendre. »

Sa rémunération, frais d’abattage, de découpe et de livraison déduits, est de 5,60 €/kg de carcasse. Il a suffisamment de fourrages pour engraisser et n’achète que l’aliment bio à 400 €/t. Avec un coût moyen de finition de 150 €, la valeur ajoutée atteint 150 à 200 € par tête. « C’est un complément de revenu. Les prix sont stables contrairement à ceux des broutards, et j’ai la satisfaction de produire de la viande bio qui sera consommée localement.  »

Frédérique Ehrhard