Une coccinelle peut consommer de 40 à 70 pucerons par jour en verger de fruits à pépin. Elle est active dès le mois d’avril. Ce n’est pas le seul auxiliaire prédateur du puceron vert et du puceron cendré, les deux principaux ravageurs de ces cultures. Il existe également le syrphe et la chrysope. « Il est important d’apprendre à les reconnaître, indique Lucie Beauvié, conseillère agronomique lutte intégrée chez Omag Sap. Leur observation permet de savoir s’ils sont bien présents et s’ils peuvent ainsi participer à une stratégie de bioprotection. »

Les coccinelles, rouges à point noir, sont les plus faciles à reconnaître. Toutefois, ce sont leurs larves qui se nourrissent le plus des pucerons. « Elles pondent leurs œufs par plaque à proximité du garde-manger au printemps, souligne Lucie Beauvié. Les larves présentent elles aussi des coloris rouges et noirs. »

Chez les chrysopes aussi, ce sont les larves qui sont les plus prédatrices. Actif à partir du mois de mai, cet auxiliaire ressemble à une petite libellule avec ses antennes vertes et ses ailes transparentes. Ses œufs sont verts et fixés à l’extrémité d’un fin pédoncule. Ils sont déposés près des foyers de pucerons à la sortie de l’hiver. Les larves s’en nourrissent dès le mois d’avril, bien avant les coccinelles.

Les larves sont les plus prédatrices

Concernant le syrphe, seules les larves mangent les pucerons durant les dix jours de leur développement au mois d’avril. « La prédation de cet auxiliaire est très ciblée, explique Lucie Beauvié. Les femelles pondent leurs œufs au sein des colonies de pucerons. » L’œuf se transforme en larve au bout de quelques jours. Cette dernière s’attaque à toutes les espèces de pucerons même ceux qui ont des ailes. De couleur blanche à verdâtre, elle mesure 10 à 20 mm suivant les espèces. À l’âge adulte, le syrphe a une apparence similaire à celle d’une guêpe. Leurs ailes permettent de les différencier. Le syrphe en a deux, la guêpe 4. Le syrphe vole par ailleurs sur place avec des déplacements latéraux rapides. « Pour que ces insectes investissent les parcelles, il leur faut des ressources et un environnement propice, précise Lucie Beauvié. Les adultes se nourrissent de nectars et de pollen, la présence de fleurs ou de jachère fleurie est donc nécessaire. » Les chrysopes occupent les arbres, les buissons et les herbes hautes. Durant l’hiver, les coccinelles se réfugient sous de la mousse, des feuilles mortes ainsi que dans les crevasses des troncs d’arbres. Autre solution pour s’assurer de leur présence, procéder à des lâchers précoces d’auxiliaires directement dans les parcelles. « Cela permet de s’assurer de leur présence au plus tôt dans la culture », souligne Lucie Beauvié. Ces auxiliaires sont proposés dans des petites boîtes que l’on accroche aux arbres. Les chrysopes sont lâchées au stade larvaire directement sur les arbres infestés par les pucerons. Les syrphes sont quant à eux lâchés au stade pupe qui suit le stade larvaire. Ils vont effectuer le travail de repérage des arbres touchés pour pondre directement sur les pucerons. Les premières larves apparaissent 15 à 20 jours après les lâchers. « Ces techniques ont montré leur efficacité en culture bio, commente Lucie Beauvié. Elles sont à leurs prémices en agriculture conventionnelle. »