Guillaume Redon est éleveur de brebis à Saugues, en Haute-Loire. Il cultive environ 10 ha de triticale et 60 ha de prairies temporaires (PT) et méteils pour nourrir ses 500 bêtes, de race blanche du Massif central. « Le triticale me permet de combiner rendement en grains et paille », explique-t-il. L’exploitation se situe à 1 100 m d’altitude et les brebis passent six mois en bâtiment. Tout comme pour l’alimentation (1), les besoins en litière sont donc importants. Sur l’exploitation, les rendements sont de 65-70 q/ha de grains en moyenne (85 q/ha l’année dernière, particulièrement bonne) et d’environ 4,5 tMS/ha de paille.

L’institut Arvalis estime que « le rendement en paille du triticale est supérieur de 50 % à celui du blé tendre pour un rendement en grains équivalent en première paille et supérieur en seconde paille. » Si Guillaume précise que le triticale a la réputation d’être risqué d’un point de vue acidose pour les bêtes, il indique n’avoir jamais eu de problème.

Rusticité

Autre avantage qui joue en faveur de cette céréale : sa résistance. Sur l’exploitation, les sols sont caillouteux et peu profonds, et les cultures sont soumises à des hivers rigoureux et à de fortes chaleurs couplées à du vent (risques d’échaudage) en juin. « Un blé ne passerait pas, j’ai besoin d’une plante rustique, ajoute l’exploitant. Le seigle en est une autre, mais il est caractérisé par des rendements en grains moins bons. »

 

Par ailleurs, le triticale est assez résistant aux maladies. « Jusqu’à présent, je n’ai pas été embêté, à condition de ne pas utiliser les mêmes semences plus de deux années de suite », révèle l’agriculteur. Il se tourne en partie vers les semences certifiées, qu’il récolte puis ressème l’année suivante, après avoir fait traiter les grains. Toutefois, l’année dernière, Guillaume a fait le choix d’appliquer pour la première fois un fongicide sur cette culture, historique à la ferme, ayant vu apparaître des sensibilités à la rouille.

Méteils ensilés

« Le but de cultiver une céréale à paille est aussi de casser le cycle des prairies temporaires », souligne-t-il. Ces dernières sont en place pendant trois ans (trèfle et ray-grass) à cinq ans (dactyle et fétuque). Elles sont entrecoupées de deux années de triticale. Dans les parcelles en pente, la PT est semée sous couvert de triticale, ce qui permet de limiter le risque d’érosion. En fonction de ses besoins en fourrages, l’éleveur cultive également le triticale en méteils avec des vesces d’hiver, du pois et de l’avoine noire ; mélange qu’il ensile.

Pour plus de détails sur la culture ou les travaux de la ferme, tournez-vous vers les réseaux sociaux (Facebook, YouTube…) sur lesquels Guillaume aime partager son métier sous le pseudo « Guillaume éleveur de brebis ».H. P.

(1) 300 à 450 g de graines aplaties par brebis et par jour, en fonction de la qualité des fourrages.