Développé aux États-Unis dans les années 2000, le kernza est une céréale pérenne combinant production de grains et de fourrage. En France, un réseau national d’observation de cette culture, composé de 25 agriculteurs, a été mis en place, en 2020, par une équipe de recherche de l’Isara (1). Les profils sont multiples (céréaliers et éleveurs en conventionnel ou en bio), avec des itinéraires techniques potentiellement variables d’une exploitation à l’autre en raison de références encore limitées en France et en Europe. Les performances ont été évaluées en mesurant les biomasses produites et les principales composantes du rendement en grains.

Semis précoce

Il ressort de la première année d’expérimentation que l’implantation du kernza est particulièrement délicate, vis-à-vis notamment des adventices, ou des couverts associés implantés par les éleveurs dans la perspective d’une valorisation fourragère. Le bon choix des parcelles et un itinéraire technique adapté au contrôle de cette concurrence potentielle sont donc essentiels.

Pour les parcelles qui ont pu aller jusqu’à la récolte, « les rendements de biomasse se sont étagés entre 2 et 10 t de matière sèche à l’hectare et de 1 à 15 q/ha pour le grain », indiquent les chercheurs. Pour dépasser le seuil de 9 q/ha (économiquement viable dans les conditions du marché nord-américain), un semis précoce semble nécessaire, entre le 15 septembre et le 1er octobre au plus tard.

Des travaux complémentaires sont envisagés sur les densités et conduites culturales optimisant la production de grains en première année d’implantation et les années suivantes. C. S.

(1) Institut supérieur d’agriculture Rhône-Alpes.