Le pois d’hiver est confronté à des levées d’adventices à l’automne et au printemps. « Semée en octobre ou début novembre, la culture ne couvre cependant le sol qu’à compter de février ou mars », signale Franck Duroueix, ingénieur chez Terres Inovia.

Les dicotylédones de type crucifères, coquelicots, ombellifères, gaillets, matricaires, véroniques… lèvent ainsi à partir du semis du pois. « On retrouve cette flore en sortie hiver, dès février. Ensuite apparaissent début mars, des printanières de type renouées, les ambroisies un peu plus tard et, en avril, les chénopodes, morelles ou daturas », explique le spécialiste.

Prélevée insuffisante

Le contrôle des adventices par une application en prélevée seule est peu efficace sur les levées printanières. Cette stratégie s’applique en cas d’infestation faible à modérée, ou sur les sols hydromorphes qui ne permettent pas toujours une intervention en sortie hiver. « On peut aller du simple Prowl, sur des parcelles propres avec un peu de coquelicots ou stellaires par exemple, à un programme plus solide à base de Nirvana S seul, avec du Centium 36CS, ou avec un Colt (ou Challenge 600), indique Franck Duroueix. Une prélevée seule est toutefois souvent insuffisante, il est donc inutile de trop investir. » À noter que Nirvana S est déconseillé en prélevée sur sols filtrants. « Dans les situations plus complexes, il vaut mieux opter pour une stratégie de programme prélevée puis postlevée », poursuit l’ingénieur. En outre, en présence de flore de type crucifère, matricaire, gaillet, etc., du Prowl en prélevée peut être utilisé, suivi au printemps d’un Colt (ou Challenge 600) avec Basagran SG, pour un coût estimé à 63 €/ha. Le mélange Challenge 600 + Basagran SG est déconseillé en sol très superficiel, sable et cranette. Le Colt est, quant à lui, fractionnable en deux applications en postlevée.

Une stratégie tout en postlevée est possible, en cas d’infestation moyenne. « Le bluet, voire le chrysanthème, peut être contrôlé par du Basagran SG. Le chardon des champs par du Tropotone », précise le spécialiste.

Graminées résistantes

La gamme des herbicides antigraminées est assez restreinte en pois. « La gestion des ray-grass et vulpins peut être problématique en cas de résistances, qui sont fréquentes pour les antigraminées foliaires ACCase (Agil, Stratos Ultra, Centurion) », révèle Franck Duroueix. Une application de Kerb Flo, à base de propyzamide, est alors conseillée, « en postlevée, et jusqu’à quatre feuilles, déclare le spécialiste. La plage d’intervention est courte. Le Kerb Flo n’est pas toujours suffisant, même si les efficacités sont meilleures qu’en colza. »

En situation de risque de forte infestation en ray-grass au printemps, le Bonalan est une option, en présemis. « Il agit également sur coquelicot ou renouée », souligne Franck Duroueix.

Justine Papin