Dans le contexte de réchauffement climatique, les périodes d’implantation de couverts sont de plus en plus caractérisées par des contraintes hydriques. Pour réussir à couvrir les sols en conditions sèches, « il faut conserver le maximum d’humidité », explique Mathieu Marguerie, ingénieur Arvalis basé en région Paca. Plusieurs éléments sont à prendre en compte. Tout d’abord, le maintien des chaumes en place. « Un déchaumage précoce a tendance à accélérer les pertes d’eau », indique l’expert. Ce maintien présente également un intérêt pour la gestion de l’azote. « Les pailles broyées au sol consomment plus d’azote que celles qui restent en place », poursuit-il. Après un déchaumage, les plantes ayant de forts besoins en azote pour démarrer, comme les crucifères, risquent d’avoir du mal à se développer.

 

Les bonnes espèces au bon moment

Question implantation, plusieurs techniques sont possibles. L’objectif est de limiter le travail du sol. Le semis à la volée a pour avantage d’être peu coûteux, mais il est très aléatoire dans des conditions sèches. Un enfouissement par déchaumage est envisageable.

En techniques culturales simplifiées (TCS), « attention à ne pas travailler le sol plus profondément que le futur lit de semences, pour ne pas trop assécher le profil », prévient Mathieu Marguerie. Les couverts sont ensuite souvent roulés pour favoriser la levée. « Le semis direct est intéressant pour conserver l’humidité et éviter les levées d’adventices », complète-t-il.

La profondeur de semis a également son importance. « En conditions très séchantes, on préfère des semis superficiels, explique l’expert. Par contre, en conditions de déficit hydrique installé, le semis pourra être un peu plus profond. » Et d’ajouter : « On ne sème pas n’importe quel couvert à n’importe quel moment. » La rapidité de germination en fonction des conditions pédoclimatiques est déterminante. Si le sorgho se développe, par exemple, très bien dans un sol chaud et humide, la féverole supporte des sols beaucoup plus frais et peut être semée plus tardivement. De manière générale, les graminées et les astéracées supportent davantage la sécheresse que les légumineuses et les polygonacées. Les crucifères et les hydrophylacées sont les plus sensibles.

Pour ce qui est de la date d’implantation, « l’idée, c’est d’être opportuniste, et de saisir tous les créneaux favorables », insiste Mathieu Marguerie. Plantes compagnes, couverts permanents ou relais… En s’éloignant des couverts annuels, il est également envisageable de les implanter à d’autres périodes plus propices (lire l’encadré).

Hélène Parisot