L’impact du travail du sol (mais aussi des couverts, lire l’encadré ci-dessous) sur le stock et la répartition du carbone dans le sol est un sujet travaillé depuis plusieurs années par Arvalis et Inrae (1). Sur le dispositif de Boigneville, dans l’Essonne, les teneurs en carbone ont été calculées selon trois modalités différentes : labour, travail superficiel et semis direct. « Ces calculs ont été réalisés à masse de sol équivalente, précise Jérôme Labreuche, chez Arvalis, afin de prendre en compte les différences de densité apparente d’un type de travail du sol à l’autre. » Mis en place en 1970, ce dispositif permet une étude de l’évolution des stocks de carbone dans les sols sur le temps long, avec des données disponibles jusqu’en 2017.

Répartition différente

Sur cette période de quarante-sept ans, les résultats montrent qu’en non-labour (travail superficiel et semis direct), la répartition du carbone dans le profil est différente de celle du labour. En effet, en non-labour, le sol s’enrichit en carbone en surface (0-10 cm) mais s’appauvrit d’autant en profondeur (10-33 cm). Sur l’ensemble du profil (0-33 cm), « l’écart est assez mince entre les différents types de travail du sol, indique l’expert d’Arvalis. Le stock varie donc peu, néanmoins avoir de la matière organique en surface présente certains avantages, comme la réduction de la battance, du ruissellement et de l’érosion », précise-t-il. C. Salmon

(1) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.