Depuis cette année, les chambres d’agriculture de l’Aisne, du Nord-Pas-de-Calais et de la Somme proposent aux agriculteurs un service qui leur permet de cartographier, avec une caméra fixée sur un drone, les chardons dans les betteraves et maïs, ainsi que les daturas dans les haricots. « Nous avons testé la technique en 2021, dans un projet conduit avec nos collègues de la Somme et l’Agence de l’eau, explique Aymeric Lepage, conseiller au pôle production végétale de la chambre d’agriculture de l’Aisne. Parmi les prestataires de traitement d’images avec lesquels nous avons travaillé, nous avons retenu Abelio. »

Le choix d’Abelio

Le drone équipé d’un capteur multispectral survole la parcelle à environ 20 m de haut. « Après traitement des images, une cartographie précise de la répartition des adventices est générée, indique Aline Dupont, ingénieur agroéquipements connectés à la chambre d’agriculture de la Somme. L’agriculteur n’a plus qu’à insérer la carte via une clé USB dans la console du pulvérisateur pour déclencher le désherbage juste dans les ronds identifiés. »

Économie d’herbicides

« Une vingtaine d’agriculteurs a fait appel à ce service pour une surface d’environ 400 ha, précise-t-elle. Cette prestation leur apporte un confort de travail. Ils n’ont plus besoin d’effectuer manuellement la coupure du pulvé. Pour ceux qui auraient traité à plein, elle leur permet de réduire de 60 à 90 % les quantités d’herbicides utilisées. » Ce qui signifie une réduction des IFT sans aucune perte d’efficacité et une économie financière. « La prestation est facturée 16 €/ha, souligne Aymeric Lepage. L’intérêt économique va dépendre du coût de l’herbicide, mais elle est significative. Et la carte peut être réutilisée l’année suivante, pour poursuivre la destruction des chardons dans le blé, par exemple. »

Frein de compatibilité

Les pulvérisateurs doivent être équipés de la coupure de tronçons, mais tous ne sont pas adaptés à la lecture de la carte.

« Avec les pulvérisateurs John Deere, nous n’avons pas de soucis, ajoute le conseiller. Avec les autres marques, ce n’est pas toujours le cas. C’est pourquoi nous vérifions, au cas par cas, si la console­ du pulvérisateur peut bien interpréter la carte. »

Blandine Cailliez