Depuis son installation en 2002, Nicolas Galpin exploite 218 hectares à Auvernaux, dans l’Essonne et, depuis 2011, 130 ha à 50 km sur la commune de Neufmoutiers-en-Brie, en Seine-et-Marne. Blé tendre, betteraves, colza, maïs et pois d’hiver composent essentiellement l’assolement. Il s’est orienté vers l’agriculture de conservation des sols en 2009. Le matériel de la Cuma, qu’il a intégrée à la même date, lui permet de bénéficier de plus gros débits de chantier (semoir à céréales adapté aux TCS, un autre pour les betteraves, maïs et colza, déchaumeur, strip-till, arracheuse de betteraves…). L’exploitant est également à la tête d’une entreprise de travaux agricoles pour la moisson, les traitements phytosanitaires, les déchaumages… Autant dire qu’en ce mois d’octobre, Nicolas Galpin, son salarié Christophe et son épouse Claudine ne chôment pas.

La vente en direct d’agneaux, de miel et de graines fait germer de nouveaux projets.

Chute des revenus

Depuis quelques années, il constate une chute de ses revenus liée à ses activités en grandes cultures. « La réforme de la Pac de 2015 avec laquelle j’ai perdu 40 % de mes aides, l’inondation de 2016, la sécheresse de 2020, puis les dégâts sur betteraves m’incitent à chercher de nouvelles sources de revenu indépendantes des soutiens ou des marchés mondiaux. Entre la cercosporiose depuis deux à trois ans et la jaunisse cette année avec un rendement de 20 t/ha contre 80 habituellement, je réfléchis à réduire ma surface de betteraves pour produire plus de maïs et de colza. Mais je me diversifie également à côté des grandes cultures. »

Si, à la ferme, il y a toujours eu « trois ou quatre brebis », le cheptel a augmenté petit à petit pour arriver à une trentaine aujourd’hui. Chaque année, une vingtaine d’agneaux sont abattus, découpés et vendus en caissette de demi-agneau sous vide en direct. « Il y a à peine une quarantaine de clients à trouver, donc cela se fait grâce au bouche-à-oreille. » En 2019, les moutons ont aussi pâturé 5 ha de couverts grâce à une clôture mobile mais, cette année, pour la première fois, Nicolas Galpin sera peut-être obligé d’acheter du fourrage à cause de la sécheresse.

Combinaison d’apiculteur

Depuis 2004, Nicolas Galpin échange aussi de plus en plus souvent sa cotte d’agriculteur pour sa combinaison d’apiculteur. « Pour répondre aux détracteurs, je souhaitais mieux connaître la vie des abeilles, j’ai donc commencé à en élever puis la passion a vite pris le dessus. » En 2020, il est passé de 13 ruches à 30. Pour l’instant, la vente de miel rembourse le matériel investi mais cette activité semble prometteuse. De mars à juillet, il passe un après-midi par semaine auprès des abeilles, sauf lors de la récolte et de la mise en pot qui requièrent plus de temps. « J’ai installé une ruche avec balance connectée pour mesurer son poids en temps réel (visible sur une application) et vérifier que les abeilles sont bien rentrées avant d’aller traiter les cultures par exemple. »

Enfin, le dernier-né des projets de diversification est collectif. Avec cinq voisins agriculteurs, Nicolas Galpin produit des légumes secs, les conditionne et les vend sous la marque « Émile et une graine », créée en 2019 (lire l’encadré). La production a commencé en 2018 et, en 2020, l’agriculteur a récolté 8 ha de lentilles vertes, corail, pois chiche et quinoa.

La vente en direct d’agneaux, de miel et de graines a également fait germer en lui un autre projet : celui de peut-être installer en 2021 un distributeur automatique, avec plus d’une centaine de casiers, à la sortie du village sur une parcelle en bord de route. « Nous sommes à 40 km de Paris avec beaucoup de passages, 10 000 véhicules par jour ont été comptés en 2002 et cela a dû augmenter ! En plus des légumes secs et du miel, nous pourrions proposer des céréales pour les volailles et faire de l’achat-revente d’autres produits. » Le distributeur, en développant la vente directe, permettrait de créer davantage de valeur ajoutée, sans prendre trop de temps… Après lequel il court déjà aujourd’hui.

Florence Mélix