L’Organisation mondiale de la santé donne l’alerte : 13 % des adultes sont aujourd’hui en situation d’obésité. En France, 8 millions de personnes sont concernées.

« Si on compte les individus en surpoids (indice de masse corporelle entre 25 et 30), près de la moitié des Français sont touchés », estime Agnès Maurin, cofondatrice de la Ligue contre l’obésité. Cette association nationale dispose d’antennes départementales et d’un service d’écoute des patients (1).

Une étude (2) montre que les ménages dont la personne de référence est agriculteur sont la catégorie sociale la plus exposée à l’obésité. 20 % des quinze ans ou plus vivant dans une famille agricole seraient touchés, selon ce rapport.

Se prendre en charge seul est une erreur

Anciennement à la direction de l’hôpital de Mende (Lozère), Agnès Maurin connaît les difficultés d’accès aux soins en zone rurale. « Si la personne ne peut consulter un nutritionniste, un psychothérapeute, ou pratiquer une activité sportive adaptée, elle se trouve seule face à sa pathologie et se lance dans un régime amaigrissant. Or, mettre son corps en famine dérègle le métabolisme de base, et favorise le développement de cellules adipeuses. » Il est inutile de culpabiliser le malade. Les raisons de son obésité doivent, avant tout, être mieux comprises et prises en charge. Le comportement nutritionnel, le choix des aliments, la sédentarité et les régimes sont en cause. Mais il y a d’autres facteurs qui favorisent la prise de poids : la pollution, les perturbateurs endocriniens, les dérèglements hormonaux, des prédispositions génétiques, le stress, les agressions traumatiques et l’exposition répétée au bruit.

La qualité et la quantité de sommeil jouent un rôle primordial dans le stockage des graisses, devant lequel nous ne sommes pas tous égaux. Certains brûlent, d’autres engrangent. Il est essentiel de comprendre, pour chacun, comment les aliments sont assimilés par le corps et quels mécanismes psychologiques contrôlent les régulations de la masse grasse. Manger équilibré et avoir une activité physique régulière sont, bien entendu, des conduites excellentes, mais elles ne suffisent pas toujours.

Alexie Valois

(1) www.liguecontrelobesite.org. Écrire à aide.obesite@liguecontrelobesite.org

(2) Étude « État de santé des Français et facteurs de risque », de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).