Non issue du milieu agricole, Flavie Delattre a grandi en Eure-et-Loir, avant de s’installer en 2018 à Férolles, dans le Loiret, sur la ferme de son oncle. Celui-ci, qui va l’accompagner quelques années encore, se souvient : « J’ai été étonné quand elle a souhaité reprendre l’exploitation. Mais elle a pris ce métier à bras-le-corps. » Avant, Flavie gérait le pôle « famille » de la ville de Dreux, où elle accompagnait parents et enfants dans toutes les épreuves de la vie (divorce, maladie, économie du foyer…).

Sur les bancs de Paris dauphine

Afin d’opérer ce virage à 180 °C, elle suit un BTS pour adulte. « C’est une opportunité à ne pas laisser passer. L’histoire familiale, depuis quatre générations, et le défi d’une nouvelle agriculture m’ont séduite. Pour mieux répondre aux attentes sociétales, il y a beaucoup à construire », lance-t-elle, avec l’enthousiasme de la jeunesse. En peu de temps, elle apprend tout : conduire un tracteur, calculer un plan de fumure, bâtir une politique commerciale, connaître les différentes structures…

Elle plante quelques arbres autour de la ferme et crée son atelier d’asperges blanches à côté des 150 ha de céréales. En marge de l’exploitation, Flavie travaille avec un doctorant sur l’utilisation de capteurs météo. Elle expérimente et analyse les besoins du terrain. Leur projet Grain (Grand réseau agricole d’informations numériques) a même reçu le prix Xavier-Beulin, décerné par l’AgreenTech Valley.

Toujours apprendre, c’est ce qui a poussé Flavie à participer à une formation « Gouvernance et stratégie coopératives », proposée par Axéréal. Ce parcours inédit a été lancé afin d’associer la jeune génération à l’avenir du secteur. Pendant 18 mois, comme 13 autres jeunes adhérents, elle a suivi, à raison de 2 ou 3 jours tous les 2-3 mois, des cours à l’université Paris Dauphine. Le but de cette certification était d’appréhender le modèle coopératif et plus largement les enjeux de l’agriculture mondiale : stratégie, finances, vision géopolitique des marchés… « Cela donne envie de s’impliquer davantage dans cette structure coopérative », ajoute Flavie, toujours animée par l’envie d’avancer.

Aude Richard