« Le total des importations égyptiennes de blé tendre s’élève à 4,685 millions de tonnes, dont environ 3,7 millions de tonnes de blé d’origine russe », a annoncé Marc Zribi, chef de l’unité des grains et sucre au sein de la direction des marchés, études et prospective de FranceAgriMer mercredi à l’issue du conseil spécialisé. Le reste provient de la Roumanie et de l’Ukraine. L’appel d’offres égyptien, remporté mardi par la Russie, renforce la domination russe des blés de la mer Noire dans les achats du premier importateur mondial. En conséquence, FranceAgriMer annonce un recul des exportations des blés français vers les pays tiers de 9,5 millions de tonnes à 9,3, voire 9 millions de tonnes.

Les exportations vers les pays européens (Belgique, Pays Bas, Allemagne, Espagne, Italie et Portugal) sont en revanche en nette augmentation, passant de 8 à 8,6 millions de tonnes du fait des conditions climatiques dans les pays baltes et de la mauvaise récolte en Allemagne. « La qualité du blé français, à plus de 12 % de protéine, permet de gagner des parts de marché intra-communautaire », explique Marc Zribi.

La récente vague de froid extrême aux États-Unis et au Canada a eu des impacts négatifs sur les conditions de culture dans les États du Colorado, de l’Illinois, de l’Oklahoma et du Kansas. « Même s’il est trop tôt pour se faire une idée, cela reste un point d’attention pour les semaines à venir », déclare Marc Zribi.

Orge : des stocks historiquement bas

Les exportations d’orge de l’Union européenne progressent de 8 %. Le marché en Australie est en recul par rapport à 2017 : –39 % de production et –19 % d’exportation. Les exportations du Canada de juillet à novembre sont en forte augmentation (+147 %) par rapport à l’an dernier : la disponibilité en orges de brasserie canadiennes est au plus haut depuis quatre ans. Malgré cela, « les stocks rapportés à la consommation sont historiquement bas », déclare Marc Zribi.

Réévaluation des stocks de maïs chinois

Le maïs affiche un bilan mondial tendu, avec une diminution des stocks de 29 %. Cela s’explique par une météo sèche et chaude au Brésil et en Argentine. Les cotations à Euronext sont cependant stables. Une baisse de production est attendue au Brésil : de 88 à 90 millions de tonnes contre 98 millions l’année passée. Le CIC (Conseil international des céréales) revoit à la hausse les stocks chinois, qui seraient sous-évalués : Marc Zribi annonce des stocks « proches de 200 millions de tonnes au lieu de la centaine habituellement relevée », précisant que ce chiffre est fondé sur des calculs et non du déclaratif.

Le programme brésilien RenovaBio à suivre à moyen terme

Le Brésil a adopté le 27 décembre 2017 le programme RenovaBio dans le cadre de la COP 21 : ce programme de décarbonation dans le secteur du transport prévoit un investissement de 430 milliards de dollars américain dans la filière du biocarburant sur une dizaine d’années. Bien que le focus soit fait sur le développement de la canne à sucre, la Cofco (1) a annoncé privilégier le maïs comme matière première. « Cela ne peut être sans répercussion sur le marché mondial. Ce sera à suivre sur un horizon de 2 à 5 ans », déclare Marc Zribi.

(1) conglomérat public chinois, présent principalement dans l’agroalimentaire.

Hélène Parisot

Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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