L’arrivée de néoruraux, comme à Vicq-sur-Breuilh, est un phénomène qui touche l’ensemble du territoire français. Les chiffres de l’Insee parus le 30 décembre 2019 montrent que les communes « peu denses » allant de 200 à 3 000 habitants ont connu une forte croissance de population en 2019. Cette croissance touche pour moitié les communes situées en périphérie des villes ; les agglomérations tendent donc à s’étendre.

Si cet « exode » urbain a débuté dans les années 1960, il s’est accru ces dernières années et il concerne désormais aussi un territoire plus large : les communes éloignées de 40 kilomètres des centres urbains, comme Vicq-sur-Breuilh, gagnent autant d’habitants que celles plus proches en raison de nouvelles arrivées.

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Des néoruraux en quête d’espace

Les néoruraux sont sensiblement plus jeunes que l’ensemble des ruraux : 38 % d’entre eux ont moins de 35 ans, contre 25 % seulement pour les ruraux (1). À Vicq-sur-Breuilh, c’est l’arrivée de l’autoroute A20, dans les années 1980, qui a changé la donne.

La commune se situe désormais à 20 minutes de Limoges en voiture. Christine de Neuville est ainsi principalement confrontée à l’arrivée de jeunes ménages et de familles monoparentales souvent à la recherche de plus d’espace.

Pour 42 % des néoruraux (1), le retour à la campagne est motivé par l’opportunité de profiter d’un logement plus confortable. 61 % d’entre eux (1) se disent bien intégrés à la vie locale.

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Confrontation de modes de vie

Plus d’un ancien rural sur deux (1) reconnaît l’impact positif de ces nouveaux arrivants sur le dynamisme de la commune et 67 % des habitants (1) de longue date jugent que les néoruraux font des efforts pour s’intégrer.

Ces chiffres optimistes tendent à montrer que dans la majorité des cas les relations se passent bien, l’arrivée de ces nouveaux habitants est pourtant créatrice de conflits : chant du coq qui dérange, tracteur trop bruyant, vendange trop matinale

Ces anciens urbains, qui n’avaient plus de liens avec le monde rural, ont parfois des difficultés à s’accommoder aux pratiques des agriculteurs. « Ils viennent souvent avec une vie rêvée, et la vie rêvée à la campagne n’est pas toujours identique à la vie réelle », explique Christine de Neuville.

Créer des espaces de dialogue

Au quotidien, la maire reçoit des plaintes sur « le bruit, le passage des tracteurs à des heures supposées indues, les odeurs, les épandages de fumier. […] De plus en plus souvent, les néoruraux vont expliquer aux ruraux et aux agriculteurs comment ils doivent travailler où comment ils ne doivent pas travailler ».

Pour pacifier les relations, Christine de Neuville essaye de créer des espaces de dialogue et de mettre en place des moments où néoruraux et ruraux peuvent se rencontrer, comme des marchés de producteurs.

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Marie-Astrid Batut

(1) Enquête « Regards croisés entre ruraux et néoruraux sur les conditions de vie à la campagne et l’intégration des nouveaux habitants », réalisée en 2017 par Ipsos pour Groupama.